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dimanche 7 juillet 2013

SOUND OF CONTACT Dimensionaut (2013)

Sound of Contact - Dimensionaut
Néo-progressif/Atmo/Pop (UK/USA)


Sound of Contact se fait sans doute connaître pour son chanteur, Simon Collins, qui n’est autre que… le fils de Phil ! Dimensionaut est le premier album du groupe, une virée néo-progressive dans les grands espaces temporels. On peut ainsi dresser un parallèle intéressant entre rock progressif classique (Genesis, le groupe du père) et néo-prog (Sound of Contact, le groupe du fils).

La voix semble déjà nous mettre sur… la voie : celle de Simon possède un timbre qui n’est pas sans rappeler celle de son paternel. Après tout, on trouve aussi dans Dimensionaut un certain « esprit » prog, mâtiné d’une dynamique assez pop par moment ; et si l’album de Simon proposait justement un équilibre entre les deux facettes du père ? Pour se diriger inexorablement vers la pop, Phil Collins s’était en effet bien éloigné des sentiers progressifs (durant la période Genesis post Peter Gabriel puis sa carrière solo).

Comme nombre de disques prog, l’album de Sound of Contact met en scène son concept : le voyage spatio-temporel, dans l’infini des dimensions, comme fuite de la réalité. Rien d’original même si la musique, assez planante par endroit, colle bien à la thématique espace-temps. Si l’habillage conceptuel ne fait pas tout, il est souvent saisissant de constater la fluidité dans l’emboîtement de certains morceaux : le concept ne concerne évidemment pas que le fond, le sujet et les paroles, il entraîne aussi une mise en scène des compositions (enchaînements, présence d’interludes, pièces montées, etc.).

Penchons-nous un peu plus sur notre Dimensionaut et sur ses chansons…

Quand je parlais d’héritage progressif, je ne m’étais pas trompé : l’introduction du disque rappelle immédiatement Yes pour ses chœurs. On se doute bien que le fils n’existe pas uniquement à travers l’influence de Genesis, mais ce premier morceau un peu cliché sonne légèrement à côté, et n’apporte pas grand-chose, à part quelques doutes… À moins que cela soit mon biais concernant Yes qui s’exprime un peu trop.

On peut classer les morceaux en plusieurs catégories :

Concernant les morceaux plus pêchus, ‘Pale Blue Dot’ et ‘Remote View’, sont assez directs. ‘Omega Point’ est très subtil et dégage une grande sérénité, brillant par ses instrumentations délicates, et restant animé par une certaine tension dramatique progressive.

Au niveau des ballades lumineuses, ‘I Am Dimensionaut’ est intéressant pour ses aspects un peu ambiants, lunaires et dépaysants. En revanche, ‘Not Coming Down’ qui fait office de single, demeure un peu pompeux et n’est guère passionnant, noyés dans ses grandes instrumentations. ‘Only Breathing Out’ présente lui aussi un côté assez emphatique, mais certains passages plus fins font mouche. À mon sens, les deux ballades les plus attachantes sont ‘Closer to You’, très (trop ?) FM, et plutôt efficace, et surtout ‘Beyond Illumination’ que je trouve sublime et émouvant, devenant probablement le meilleur titre de l’opus.

Parmi les instrumentaux on note ‘Cosmic Distance Ladder’ qui apporte de l’énergie dès le début et ‘Realm of In-Organic Beings’, un joli interlude enchanteur.

Enfin, pour clore l’album : le titre épique de 20 minutes, ‘Möbius Slip’, qui en vaut bien plusieurs (il est composé de quatre parties distinctes). Comme dit précédemment, Dimensionaut obéit à la logique de nombreux disques progressifs, avec ici sa grande pièce conceptuelle. Les 15 premières minutes sont très bien enchaînées et maîtrisées, et sont toujours plus agréables au fil des écoutes, notamment pour ses atmosphères un peu lunaire et sa superbe section 4 (‘All Worlds All Times’), pleine de mélancolie. J’aurais cependant évité de répéter en fin de morceau la mélodie d’introduction du disque, faiblarde certes, mais ne collant pas vraiment à l’esprit de ce titre épique.

Après moult écoutes, j’avoue avoir apprécié le voyage proposé par Sound of Contact. La composante atmo est souvent présente, et offre une tonalité nostalgique, ce qui n’est pas pour me déplaire. Malgré certains passages un peu pompeux, l’ensemble est travaillé, bien produit, évocateur et plutôt équilibré, avec de nombreux passages réussis et marquants qui font de Dimensionaut un des éléments prog bien sympathique dans cette année 2013.

Note : 4,5/6

dimanche 19 mai 2013

RIVERSIDE Shrine of New Generation Slaves (2013)

Riverside - Shrine of New Generation Slaves
Néo-progressif (Pologne)


Prendre le contrôle de sa propre vie. Tel est le concept de ce nouvel album de Riverside, Shrine of New Generation Slaves. Derrière une pochette évocatrice se trame une réflexion sur nos existences contemporaines. Ces ombres qui dévalent les escalators, avant de s’engouffrer mécaniquement dans les couloirs du métro… ces ombres pourraient être les nôtres, peut-être…

Musicalement, ce qui m’a beaucoup touché, c’est l’écart qui a pu se creuser entre la première écoute et les suivantes. Le disque semblait bien inoffensif de prime abord. Puis tout s’est éclairé, tout prenait sens soudainement. D’une façon à la fois logique et magique, l’œuvre résonnait en moi. Là où je voyais du perfectible, apparaissait en fait une forme de vérité musicale, pleinement cohérente.

L’ouverture de l’album, ‘New Generation Slave’, est typique des introductions qui posent le disque. Malgré un texte un peu cliché, la musique se veut annonciatrice : folk posé, voix aérienne et expressive, contrastant avec l’apparition de ces vagues de saturation menaçantes. Puis l’on perçoit les premières envolées de guitares, énergiques et atmosphériques. La dynamique est pleinement prog-rock, l’approche résolument moins métal, et ce pour l’ensemble du disque.

Le deuxième titre, ‘The Depth of Self-Delusion’, est déjà un morceau de haute volée, avec son alchimie acoustique/électrique. Il est ensuite accompagné de son solo de guitare, assez prenant, dans le pur esprit de Riverside.

L’appel électrique justement. Celui de Deep Purple pour le morceau suivant, ‘Celebrity Touch’, qui va progressivement révéler toute sa saveur. Et notamment avec cette partie subtile exécutée en delay, accompagnées ensuite de voix aériennes. Toute la finesse d’un titre pas loin d’être irrésistible. ‘Celebrity Touch’ est le premier grand tournant du disque, une révélation dont seul Riverside semble détenir tous les secrets.

Tout en gardant une vraie cohérence, un authentique équilibre, l’opus se poursuit avec une ballade classique au piano, légère et mélancolique : ‘We Got Used To Us’. Une qualité sonore irréprochable au service d’une mélodie et d’une atmosphère. Cela étant, si le couplet possède une réelle aura, le refrain est d’un niveau un peu en dessous.

Dès lors ‘Feel Like Falling’ apparaît, plus en rupture… pour mieux laisser place à son refrain en apesanteur. Un autre moment remarquable, envoûtant. Guitare aérienne, synthé ambiant, voix en communion. Imparable et classieux, une pure merveille.

Mais avec ‘Deprived’, le titre qui lui succède, nous nous élevons parmi les anges. Un petit chef d’œuvre. Une mélodie fragile et une section instrumentale tout en touché et maîtrise, subjuguante. Ses nappes de mélancolie ambiante nous enveloppent dans nos réflexions les plus intérieures.

Avec ses 12 minutes, ‘Escalator Shine’ prend un peu le rôle de morceau « épique » du disque, si on veut. Toujours léger, sobre, dans la continuité de l’œuvre, cette composition de haute volée synthétise bien les influences du groupe. Elle s’ouvre en dernier lieu sur un appel musical céleste : une forme de lumière symbolisant bien le concept et le message de l’album.

Enfin l’œuvre se referme sur ‘Coda’ qui reprend les esprits subtils et fragiles de ‘Feel Like Falling’. De façon classique, une conclusion qui apporte cohérence au concept d’ensemble et à la musique qui l’illustre.

Shrine of New Generation Slaves est le fruit d’un mariage réussi, l’héritage seventies rencontrant la célébration d’un prog atmosphérique dans la lignée de Marillion ou de Porcupine Tree… Riverside n’en oublie pas moins son identité musicale, tout en réalisant des compromis.

Ainsi, ce nouvel opus est bel et bien une réussite. Et sa qualité d’écriture, comme de production, en font un sommet pour cette année 2013. Un disque qui habite son auditeur. Le genre d’albums qui me fait aimer la musique progressive, voire la musique tout court. Et aussi une raison d’écrire si longuement dessus.

Note : 6/6

dimanche 17 juin 2012

FLYING COLORS Flying Colors (2012)

Flying Colors
Progressif (U.S.A.)


Flying Colors semblait une initiative plutôt encourageante. Le teaser avait attiré mon attention pour son énergie communicative et la qualité des quelques mélodies entrevues. C’est vrai, les projets parallèles sont souvent à trier sur le volet, mais là, j’avais envie de donner une chance au groupe. Et puis coup de chance, le disque n’était pas trop cher...

À vrai dire, le fait que Mike Portnoy tapait sur ses fûts pour l’occasion m’avait déjà poussé à m’intéresser à ce projet un peu « super groupe ». J’avais envie de savoir ce qu’il faisait de son temps libre après la rupture avec Dream Theater, en termes artistiques et humains : avec qui allait-il s’allier cette fois-ci pour s’adonner à la musique, à celle qui l’anime depuis toujours ?

Dans Flying Colors, Mike Portnoy n’est pas l’acteur unique. Déjà, Neal Morse use de sa voix et se positionne aux claviers, apportant son impact, son « expérience » mélodique. Dave LaRue est à la basse (Dixie Dregs, Planet X, Joe Satriani) et Casey MacPherson au chant…. D’ailleurs, le connaissez-vous ? Il est membre d’Alpha Rev, notamment armé du single ‘New Morning’… qui personnellement ne me dit rien (je vis peut-être dans une grotte). Et puis comment oublier Steve Morse (Dixie Dregs, Deep Purple), guitariste plein de panache ? En observant la complicité récréative que les musiciens semblaient ressentir, je me suis presque demandé si on n’allait pas éprouver quelques sensations fortes façon Purpendicular de Purple. Bon, je rêvais un peu, c’était une idée comme ça. Mais on ne sait jamais après tout.

Après avoir goûté à l’artwork très sobre et soigné de l’album, il me fallait passer à son écoute. En fait, j’avais déjà un peu triché ; quelques vidéos streaming sur YouTube m’avaient permis d’aborder deux fulgurances du disque…

En tête de peloton : ‘Kayla’, appliqué, énergétique et doté d’un refrain fédérateur. Et puis comment ne pas être conquis par sa section solo de toute beauté, tout à fait dans l’esprit prog, avec émotion et bravoure, sans lourdeur. Un titre accrocheur et héroïque, subtil mélange de légèreté dans l’exécution et de solidité dans l’écriture.

Le deuxième moment d’importance se nomme ‘Storm’. Là encore un vrai moment de songwriting, avec une vraie qualité mélodique, notamment dans le refrain. Une émotivité à fleur de peau, jamais sentimentale (quoiqu’à la limite), toujours efficace. Et encore une section middle à nous faire fondre. ‘The Storm’ est un très bon titre... Et avec ces deux morceaux situés vers le début du disque on commence sérieusement à croire en la suite.

C’est vrai, l’ouverture du disque, ‘Blue Ocean’, côtoie un peu le minimum syndical (à noter cependant quelques réflexes Genesis-ien dans son refrain) et ne restera vraiment pas dans les annales. Mais le morceau suivant, ‘Shoulda Coulda Woulda’, au titre un peu bêta, dégage tout de même une belle énergie (quoiqu’un peu lourde et limitée), et tient relativement la route dans sa structure. Au bout de quatre titres, le pari semble dans l’ensemble plutôt gagné.

Pourtant après : plus rien ou presque. J’hésite à garder certains côtés de ‘Forever In A Daze’, qui s’écoute bien, mais qui pèche par une écriture bas du front. J’hésite aussi pour la fin du dernier refrain de ‘Everything Changes’, mais la chanson pourra rebuter pour son côté très mielleux et sentimental, ses manières vocales, son intro faussement triomphale et son couplet un peu caricatural. Elle semble ne pouvoir s’écouter agréablement que si l’on est dans l’état d’esprit adéquat, au risque d’overdose. ‘Better Than Walking Away’ reste aussi très faible, à part un effort guitaristique sur le deuxième refrain. Mais vraiment, on est en droit d’attendre d’autres mélodies que celles-là…

Le reste n’est malheureusement pas loin d’être indéfendable. Mièvres, sirupeuses, ‘Love Is What I’m Waiting For’, et surtout ‘Fool In My Heart’, incroyablement kitsch, semblent faire capituler les plus indulgents. Ajoutons ‘All Falls Down’, pompeux et franchement pas intéressant, malgré le travail à la basse en trame de fond. Mélodiquement, ces trois titres sont difficilement supportables. Par ailleurs, ils remplissent principalement la seconde partie du disque, donnant l’impression d’avoir affaire à un disque qui bombe le torse au départ et s’essouffle ensuite.

Mais il ne faudrait pas oublier la toute fin : ‘Infinite Fire’ est le titre épique du disque, comme toute fin d’album prog qui se respecte. Des bonnes idées atmosphériques (les couplets notamment), parfois inspirée de Genesis et Yes, et on passe un très bon moment, pour faire semblant d’oublier les incartades passées. Les passages instrumentaux sont de bonne facture, bien que les vocaux soient un tantinet fatigants, et la structure est cohérente. Une respiration finale bienvenue, avec cette retenue qui manque un peu à l’ensemble des titres qui précède. Globalement du bon boulot en terrain bien connu et balisé.

Bref, si je ne regrette pas mon achat pour les trois moments intenses de l’album, je ne nie pas non plus ma déception, moi qui espérais voir davantage de belles choses et de belles couleurs dans ce disque très inégal. Et non pas des montagnes russes et des plans nous plongeant des années en arrière. En fait, les musiciens semblent avoir pris beaucoup de plaisir à jouer ensemble, peut-être moins aptes à en donner à leurs auditeurs de façon continue.

Note : 3,5/6

mardi 27 décembre 2011

RIVERSIDE Second Life Syndrome (2005)

Riverside - Second Life Syndrome
Néo-progressif / Renouveau / Atmosphérique (Pologne)


Sur notre route du progressif, nous avons une fois encore l’étrange impression d’être en terrain connu… mais nous sommes pourtant à Varsovie, en Pologne. Riverside a certainement foulé les terres d’Anathema et de Porcupine Tree, d’Opeth et de Dream Theater, de Pink Floyd et de Marillion. Les ressemblances sont évidentes, mais la personnalité du groupe reste indéniable, et son talent intact. Les Polonais de Riverside n’ont fait qu’emprunter avec brio la subtilité de leurs mentors : les vocaux nous replongent dans l’univers d’Anathema, les atmosphères planantes ne sont pas bien éloignées de celles de Pink Floyd, le jeu de guitare profond et tout en toucher rappelle Marillion, et la dynamique générale est indubitablement progressive et mélancolique…

*****

Les ambiguïtés de Second Life Syndrome sont presque une véritable chance : celle de découvrir une œuvre très personnelle tout en étant inspirée des meilleurs. Si l’on devait saisir la quintessence de l’album, l’écoute approfondie du morceau-titre de l’album serait propice. Véritablement emblématique, conceptuelle, ‘Second Life Syndrome’ est une composition de toute beauté, aux atmosphères envoûtantes, délivrant surtout deux soli de guitare aériens et absolument poignants. La Pologne a trouvé ses maîtres. Que dire aussi de ‘Volte-face’, qui propose dès le début du disque une énergie et une efficacité clinique, participant à l’équilibre global d’un disque oscillant entre atmosphères éthérées et énergie brute... Ces ambiances on les retrouve notamment dans le sublime ‘I Turned You Down’, qui n’est pas sans rappeler la voix de Vincent Cavanagh (et Dieu sait combien je suis fan d’Anathema). Cette violence rentrée… tout en retenue, mais si expressive. Par ailleurs, je ne saurais oublier la très belle ballade ‘Conceiving You’, parfaitement structurée, qui fait office de tube en puissance, sans être prévisible. Il y a aussi toute la tension amère de ‘Artificial Smile’, et ses sections à la guitare, tantôt inquiétantes, tantôt magistrales, se mêlant à la douceur froide des sons des claviers. On retrouve également cette beauté pure sur ‘Reality Dream III’, et son introduction à vous donner la chair de poule… Tous ces moments d’exception font de Second Life Syndrome une œuvre parfaitement aboutie, méritant une vraie reconnaissance. Un vrai tour de force très personnel et affirmé, tout en restant dans les pas des artistes du genre les plus émérites.

Note : 5,5/6

vendredi 14 octobre 2011

SAGA 10,000 Days (2007)

Saga - 10,000 Days
Néo-progressif / Nouvelle vague (Canada)

Nous nous trouvons en terrain connu. C'est en tout cas ce que semble nous dire la première piste du disque 'Lifeline', morceau classique, exécuté sous une production solide. Il semble surtout briller par les ambiances des claviers et le solo rayonnant de Ian Crichton, marques de fabrique du Saga moderne. La suite de l'opus ne contredira pas trop les premières impressions : 10,000 Days, 18ème album du groupe, n'apporte rien de nouveau mais fait le boulot. Le disque devient une forme de célébration du temps passé, des 10 000 jours écoulés depuis les débuts de Saga... jusqu'au départ de Michael Sadler, quittant le groupe après cet album, pour des raisons familiales. Certes, il reviendra en 2009, mais au moment de la sortie de l'opus, on ne pouvait pas encore le savoir. Ces adieux au bout de 30 ans de carrière commune se firent dans la plus pure tradition de Saga, avec des morceaux aux qualités bien disctinctes. On retiendra la mélodie de 'Sideways' et le refrain un peu magnétique de 'Can't You See Me Now?', participant à une première partie d'opus plutôt lumineuse. L'instrumental technique 'Corkentellis' reste quant à lui assez peu passionnant, et la ballade 'More Than I Deserve', aux belles atmosphères mélancoliques, fait pourtant tomber son refrain dans une forme de mièvrerie un peu insupportable. Et puisque le disque semble pas mal jouer sur les atmosphères, la section instrumentale de 'Sound Advice' est quant à elle plutôt réussie. On pense aussi au morceau-titre, assez fédérateur et plaisant, même si son sentimentalisme aura raison de la patience de certains auditeurs. De mon côté elle finit par passer, notamment grâce à ses claviers qui en font une chanson appréciable. Le disque se termine par 'It Never Ends', pas forcément extraordinaire mais pourvu d'un refrain sobre et efficace. Dès lors, pour l'ensemble de ses points positifs, 10,000 Days sera appréciée par les fans les plus assidus de la formation canadienne et reste globalement un disque attachant, même s'il n'éclaire que trop peu la discographie du groupe. On gardera tout de même la satisfaction de quelques bons moments passés, toujours en savourant cette saveur nostalgique doucement amère et si particulière, propre aux albums de Saga.

Note : 4/6

mercredi 28 juillet 2010

NOSOUND A Sense of Loss (2009)

Nosound - A Sense of Loss
Atmosphères, Art Rock (Italie)


La chaleur d’un frisson… Le premier titre de l’opus est un vrai bijou. Cette mélodie d’éternité, ces atmosphères éthérées, ce rythme chaloupé, ces cordes plaintives, aériennes et poignantes… Nosound, formation italienne composée de cinq musiciens, s’accompagne ici d’un quatuor à cordes pour délivrer une musique mélancolique et onirique, atmosphérique, presque en évanescence, et pas forcément très éloignée de celle de Porcupine Tree. Les diverses compositions montrent les capacités du groupe à réaliser de façon accomplie et élégante une musique sombre et flottante, trouble et intense, comme sur les très beaux ‘Constant Constrast’ & ‘Fading Silently’. Les émotions demeurent ici contenues, comme voilées, étouffées. Mais bien réelles. Le temps semble suspendu. C’est l’échappée. Le piano de ‘My Apology’, chanson simple et émouvante, nous emmène loin, parce qu’au plus profond de nous-mêmes. Et c’est sur les quinze minutes fluctuantes et inquiétantes de ‘Winter Will Come’ que le disque se refermera. Son passage central, tout particulièrement réussi, avec ces cordes tristes et brumeuses, en arrière-plan, nous fait errer dans un univers lugubre et énigmatique… Dans ce voyage intérieur en clair-obscur, A Sense of Loss reste un album à la fois déboussolant et salvateur, dans lequel on découvre toute l’intimité d’une musique qui se veut impalpable, insaisissable, évanouissante. Un art contemplatif et profond, vaporeux et élégiaque, à la fois intime et distant, fugace, entre présence et absence. Un art qui ne saurait nous faire oublier que, de la Trieste mélancolique à l’énergétique Milan, de la Venise romantique à la Rome écrasante et majestueuse, l’Italie est aussi le pays du progressif, de la musique, de ces atmosphères si particulières et personnelles.

Note : 5,5/6

vendredi 15 août 2008

PORCUPINE TREE Lightbulb Sun (2000)


Progressif, Pop/Rock, Renouveau (Angleterre)


Dans Lightbulb Sun, l'un des disques les plus aboutis du groupe, tout sonne juste. Que ce soit au niveau du travail minutieux de l’instrumentation, de l’interprétation particulièrement authentique des musiciens, ou bien de la production lumineuse apportée à l’œuvre.

Dès la dynamique offerte par les guitares du premier morceau, nous sommes immédiatement transporté dans le monde de Lightbulb Sun. Ce titre d’ouverture donne son nom à l’album et le conditionne d’une certaine manière. Il nous conte l’univers nostalgique de l’enfance et de l’adolescence, du passé révolu pourtant toujours capable de nous hanter ou de nous émerveiller. Plus précisément la chanson évoque la maladie de l’écolier ou du lycéen, progressivement capable d’être remis sur pied, les soins que lui apporte sa mère, et l’environnement intimiste dans lequel il se rétablit. Ce morceau donne finalement à l’album un peu l’esprit de Misplaced Childhood de Marillion, auquel Porcupine Tree commence à faire concurrence.

Lightbulb Sun demeure une œuvre vraie et véritable… Des doutes intérieurs de ‘How is your life today?’, à l’émotion transie de ‘Shesmovedon’, en passant par l’atmosphère claustrophobique et désemparée d’un ‘Russia On Ice’, hypnotique et parfaitement réussi. Autant de moments sincères et musicalement évocateurs. De quoi nous transporter, ailleurs, dans l'espace et dans le temps.

Et puis il y a ces trois ballades, somme toute assez austères aux premières écoutes, mais révélant de fil en aiguille tout leur arôme : la subtilité de ‘Last Chance to Evacuate Planet Earth Before it Is Recycled’, le dépaysement mélancolique et prophétique de ‘The Rest Will Flow’, et l’étrange sérénité nostalgique et onirique de ‘Where We Would Be’…

Mais c’est ‘Feel so Low’ qui me bouleverse le plus, de par sa simplicité. Touchante et allant clairement à l’essentiel, à l’image du disque… Une ode intime mais gardant toute sa pudeur, un morceau magique évoquant le temps qui s’égrène et l’impossible éternel retour d’une relation, qui n’existe plus que dans la noirceur et l’opacité des souvenirs. Sincère et attendrissante, vibrante et désarmante, cette belle chanson accompagnera sûrement les samedis de solitude et les moments d’absence de tout un chacun.

Grâce à tous ces éléments, Lightbulb Sun a ainsi réussi le pari de plus en plus difficile de mêler simplicité et efficacité avec une touche très personnelle et candide. Une fois encore, le monde du progressif a pu offrir une œuvre substantielle et élémentaire, sans impostures et sans esbroufe.

Note : 5,5/6



Découvrez Porcupine Tree!



mercredi 25 juillet 2007

SAGA Trust (2006)

Saga - Trust
Art Rock / Nouvelle Vague (Canada)


Toujours dans la lignée des deux précédents albums, Saga développe un heavy prog FM mâtinée d’une production claire et plutôt maîtrisée. Trust nous montre dès les premières écoutes les points positifs habituels (guitares croquantes, ambiances travaillées…) et les défauts récurrents : parties de claviers hors de propos (‘That’s as far as I’ll go’), mélodie franchement à côté (‘Ice in the Rain’), voire pompière (‘Trust’). Certains morceaux valent néanmoins le détour et nous font pardonner les écarts du groupe : ‘Back to the Shadow’, morceau hypnotique, élégant, et doté d’une très bonne section instrumentale ; ‘I’m OK’, pas franchement convaincant mais honnête et appliqué ; ‘It’s your Life’, un peu facile, mais plutôt accrocheur au niveau de l’atmosphère (cela étant, le riff au clavier qui clôt le refrain est un peu inopportun) ; ‘Footsteps in the Hall’, titre plutôt solide rythmiquement ; et enfin le majestueux ‘On the Other Side’, bonne conclusion pour un disque qui aurait peut-être mérité mieux, notamment si les musiciens avaient corrigé certaines de leurs mauvaises habitudes, et donné la pleine mesure de leur talent.

Note : 4/6

lundi 24 juillet 2006

SAGA Full Circle (1999)

Saga - Full Circle
Art Rock / Nouvelle Vague (Canada)

Le progressif c’est aussi les concepts : les groupes-concepts, les chansons-concepts, les albums-concepts, les discographies-concepts... Avec Saga on se retrouve un peu dans le dernier cas de figure puisque le groupe a créé une sorte de fil conducteur dans sa discographie. Saga parsème en effet ses albums de chapitres ("chapters") qui, assemblés, forment une histoire. On retrouve notamment une interprétation de ces chapitres dans le live The Chapters Live qui reconstitue l’histoire dans l’ordre. Un objet important pour tout fan du groupe visiblement !

Full Circle peut être considéré pour beaucoup comme un retour gagnant, une remise en forme pour les Canadiens. Saga en profite aussi pour continuer à écrire les Chapters qui avaient été laissés en plan depuis 1981, avec World’s Apart ! Il est clair que l’album n’est pas très ambitieux s’il on tient compte des autres œuvres que propose le monde du rock progressif mais il n’en regorge pas moins de morceaux de qualité, comme l’excellentissime ‘Home’, et ses atmosphères mystérieuses ; ‘Time Bomb’, assez efficace ; ‘Not this Way’, une ballade toute simple mais vraiment envoûtante, donnant envie de s’engouffrer dans les profondeurs de l’océan avec sa bien-aimée ; et ‘Goodbye’, morceau constituant la fin atmosphérique et émotionnelle du disque. On remarquera aussi le très bon couplet de ‘Don’t say Goodbye’ et le titre ‘Uncle Albert's Eyes’, qui transmet une forme de sérénité et une nostalgie particulière. Dans Full Circle, il se dégage globalement une certaine sophistication, dépourvue d’excès, mais aussi une profondeur et une densité dans le son, ce que l’on retrouvera sur House of Cards. Ainsi, même si l’ambition n’est pas nécessairement au rendez-vous, Full Circle reste un disque sérieux et agréable.

Note : 4/6

dimanche 23 juillet 2006

SAGA House of Cards (2001)

Saga - House of Cards
Art Rock / Nouvelle vague (Canada)


C’est sur les bases de nouveau posées par Full Circle que Saga nous offre House of Cards. Certes ce disque est plus direct, voire plus FM que son prédécesseur, mais le style très propret du groupe, tout comme les ambiances étranges qu’il distille, demeurent. En tout cas, House of Cards possède bien quelques atouts : la production limpide, les ambiances créées par les nappes de claviers et le son croquant de la guitare de Ian Crichton, en verve sur plusieurs soli. Certains morceaux sont plutôt plaisants, comme l’inquiétant ‘God Knows’ ou encore ‘That’s How We Like It’, titre assez entraînant. Mais on retiendra surtout ‘We’ll Meet Again’ pour son riff d’intro excellent et ses atmosphères, tout comme le très bon ‘Only Human’ qui nous gratifie en effet d’une mélodie plutôt efficace au couplet et d’un solo court mais très accrocheur et classieux. On restera beaucoup plus circonspect pour le reste, et notamment à propos des morceaux les plus mièvres, comme ‘Once in a Lifetime’, le single ‘Money Talks’, ou encore la chanson-titre. Saga joue en effet parfois la carte FM décomplexée mais n'évite pas toujours les clichés du genre, ce qui demeure bien compromettant. Cependant, le disque reste assez attachant et ses meilleurs moments parviennent parfois à nous faire oublier ses écarts.

Note : 4/6