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samedi 24 mai 2014

TILES Presents of Mind (1999)

TILES - Presents of Mind
Rock / Métal progressif (U.S.A)


J’ai découvert Tiles en 1999 ou 2000, en première partie des vénérables Dream Theater, et j’admets que certains titres avaient attiré mon attention, étant très fan de la scène métal prog à cette époque… Bon c’est vrai, le groupe ressemble parfois un peu à une copie de Dream Theater. En effet, certains gimmicks musicaux, le lyrisme appuyé ou les structures alambiquées ne sont pas sans rappeler les maîtres du genre. Mais Tiles garde son univers, proposant une musique malgré tout assez légère, maîtrisant ses instruments sans être démonstratif, et cultivant à la fois un certain punch et des dynamiques progressives plus « intellectualisantes ».

Le premier album, Presents of Mind propose de belles choses (malgré son hideuse pochette), avec notamment quelques titres assez directs, comme l’emblématique ‘Static’ ; le turbulent ‘Facing Failure’ (j’aime aussi beaucoup sa section solo) ; ‘Taking Control’ et ses ambiances douces-amères ; voire ‘Modification’, un peu plus hésitant mais sympa tout de même. En tout bon groupe de prog, il ajoute à l’ensemble un instru complexe, ‘Balled of the Sacred Cows’ ; quelques interludes (‘Crossing Swords’, ‘The Sandtrap Jig’) ; et un titre un peu plus long et épique pour terminer l’album (‘Reasonable Doubt’).

C’est vrai, l’ensemble manque un peu de dangerosité, de charisme ou d’envergure pour tirer véritablement son épingle du jeu. Mais Tiles assure l’essentiel avec un disque équilibré, explorant avec aisance les caractéristiques du métal progressif, et qui plaira très certainement à tous les amateurs du genre. Et de mon côté il me rappelle agréablement mes dernières années de lycée, durant lesquelles j’ai assidûment commencé à explorer le progressif…

Note : 4/6

dimanche 6 octobre 2013

OPETH Still Life (1999)

Opeth - Still Life
Métal progressif (Suède)


Still Life… une bien belle pochette. Mais ce qui nous interpelle ici est bien évidemment le contenu : Still Life semble poser la dynamique de la majorité des albums d’Opeth à venir. Les deux premiers albums étaient un peu à part, mais montraient déjà la complexité comme l’osmose acoustique-électrique qui pouvaient émerger de leurs compositions. My Arms, Your Hearse, le troisième, était davantage un album de transition, de tentative de clarification. Au final, trois albums de grande qualité (et surtout le deuxième, Morningrise…)

Avec Still Life, les bases sont définitivement posées, Blackwater Park semble annoncé, tout comme la logique des albums suivants, déclinant l’identité musicale d’Opeth tout en diversifiant subtilement les angles et les approches, tout en apportant sans cesse des compositions d’envergure. Opeth est du côté du métal, brut et progressif, électrique et acoustique. Vigoureux et extrême, mélancolique et romantique. Traditionnel et moderne, avec cette complexification des structures, des harmonies et des rythmes, et donc des chemins, des accès nous menant à l’essence d’une musique si impressionnante.

Il est important de noter que Still Life établit véritablement un line up stable pour 6 albums : Mikael Åkerfeldt (guitare & chant) – Peter Lindgren (guitare) – Martin Mendez (basse) – Martin Lopez (batterie). Ce n’est donc pas étonnant de voir que le style d’Opeth comme ses acteurs témoignent d’une continuité et d’une réelle cohérence artistique pour les années suivantes. Certes, précisons que Mendez joignit le groupe pour My Arms, Your Hearse, mais pas suffisamment tôt pour assurer les parties de basse, dont s’occupa finalement Åkerfeldt.

Parmi les plus belles pièces de l’opus : ‘Moonlight Vertigo’, ‘Serenity Painted Death’, ‘Face of Melinda’ et ‘Godhead’s Lament’. Ce qui est notamment frappant dans ces highlights, c’est cette science du motif guitaristique, cette architectonique du riff, et comment les instruments se mettent au service d’une ambiance ; quand je vous disais que Still Life préparait le terrain à Blackwater Park… Le terrain, le discours, la méthode. Les chemins. Impénétrables aux premiers abords, ils vous mèneront à des territoires jusqu’ici inexplorés, la qualité de certains passages, plus efficaces, aidant à la découverte.

On pourra être plus réticent sur l’histoire racontée, naïve, voire sur la production, que certains (mais pas moi) jugeront un peu fade, ne mettant pas encore tout à fait en lumière les intentions du groupe. Mais au niveau des compositions le travail effectué absolument remarquable, et le pas en avant non négligeable d’un point de vue artistique. Still Life ouvre de nouveaux accès, de nouvelles voies. Sorti en 1999, cette année magique pour le métal, il est encore temps de s’y engouffrer comme de s’y ressourcer.

Note : 5/6

lundi 24 décembre 2012

Frank ZAPPA Son of Cheep Thrills (1999)

Frank Zappa - Son of Cheep Thrills
Jazz Rock / Fusion (U.S.A.)


Même si sa discographie est polymorphe et déroutante de par son envergure, Zappa a une patte bien précise. Et quelqu’un qui n’a jamais écouté Zappa va se dire, au moment de la découverte, qu’il n’a jamais entendu quelque chose dans ce genre. Au mieux il verra quels groupes ont puisé dans son répertoire. Le baptême peut survenir avec un album majeur, ou, qui sait, une compilation. J’ai pour ma part aborder cette compile avant de me pencher sur certains de ses disques essentiels, d’où une petite valeur sentimentale et nostalgique.

Comme pour beaucoup d’artistes à identité forte, on aimerait toujours retrouver le regard innocent des premières écoutes, du moment de la découverte. J’aimerais parfois pouvoir revenir à ce regard originel et naïf. Souvent j’arrive à m’y replonger, quand je me mets à découvrir d’autres disques de Zappa que je ne connais absolument pas : je me dis, « Qu’est-ce qu’il va faire ? Quel sera le contenu ? ». Je le pense pour beaucoup de disques d’autres artistes, mais là peut-être davantage.

Penchons-nous maintenant sur le contexte de cette compile. Il s’agit d’un second volume, succédant à la compilation Cheep Thrills (le nom vient de l’album Cruising With Ruben & The Jets). Je l’ai eu d’occasion pour pas trop cher, ce qui fait que je n’ai pas trop été repoussé par son horrible pochette pour l’acheter. À noter en bonus : la possibilité, via le disque, de consulter off line un catalogue Rykodisc sur votre plus beau navigateur internet. Oui ça date, mais c’est toujours sympa.

Au niveau du contenu et plus précisément des moments favoris, je note ‘Twenty Small Cigars’ (Chunga’s Revenge), ‘The Legend of the Golden Arches’ (Uncle Meat), ‘Ya Hozna’ (Them or Us), ‘Night School’ (Jazz From Hell), et l’enchaînement final ‘Sinister Footwear 2nd Mvt. (live)’ (Make A Jazz Noise Here) - ‘The Idiot Bastard Son (live)’ (You Can't Do That On Stage Anymore Vol. 2) – ‘What's New in Baltimore?’ (Frank Zappa Meets The Mothers Of Prevention). Un mélange hétérogène de titres que j’aime souvent beaucoup, et je dois dire que cela passe tout seul.

Est-ce objectivement une bonne compilation ? Avec une discographie aussi imposante (on n’a de cesse de le répéter) il reste bien difficile de faire un résumé de qualité, à moins de trouver un vrai concept derrière. C’est aussi l’idée même de compilation qui demande à être creusée ici ; par exemple, doit-on avoir à faire à une compilation représentative ? Ce n’est pas le cas ici, et cela aurait été encore une fois bien compliqué. De mon côté, au vu de la qualité des morceaux présentés, de leur bon enchaînement, et du prix abordable (même neuf à l’époque me semble-t-il) j’en suis pleinement satisfait.

Pas de note

lundi 16 janvier 2012

SIGUR RÓS Ágætis Byrjun (1999)

Sigur Rós - Ágætis Byrjun
Post-Rock (Islande)


Je me souviens avoir acheté ce disque en Norvège, à Bergen, en 2003. Probablement pour rester dans les atmosphères nordiques. C’était en tout cas un choix judicieux pour amorcer la découverte de Sigur Rós. Ágætis Byrjun, album très respecté, a en effet propulsé le groupe au devant de la scène et reste ainsi le premier vrai classique de la formation islandaise.

Tout d’abord, Ágætis Byrjun demeure assez impressionnant au niveau de la forme. Le groupe bâtit vraiment son propre univers (et parfois sa propre langue vonlenska). Sa musique est propice pour nous faire voyager dans un monde pur et étrange, rempli d’éléments naturels que le groupe semble avoir lui-même façonné, paradoxalement. Un véritable langage musical est né. Le falsetto de Jònsi et les divers instruments (notamment via le jeu à l’archet) construisent des ambiances limpides et cristallines extrêmement soignées et personnelles, et évoquent tour à tour la tempête ou le calme religieux. En tant que telle, la qualité de la démarche est considérable.

Cependant au niveau du contenu, je reste davantage perplexe. La personnalité de Sigur Rós, au final assez marquée, est à double tranchant. Ça couine, ça dégouline même un peu parfois. Enfin juste un peu, hein. Les morceaux ne sont pas toujours réussis, et ce malgré une vraie sensibilité de composition. Mais c’est histoire de chipoter et surtout d’être honnête avec cette œuvre. Paradoxalement, derrière cette musique fragile, se cache un caractère parfois un peu inélégant voire un tantinet pompeux par endroit :

 - ‘Starálfur’ est une pièce symphonique miniature remarquable à plusieurs reprises mais son refrain est un peu trop grandiloquent, notamment à cause de son avalanche de cordes.

 - Pour les mêmes raisons, les emphases de ‘Hjartað hamast’ me sont pénibles, même si son outro est plus subtile.

 - Enfin, la montée d’adrénaline de ‘Viðrar vel til loftárása’ semble prendre tout le monde dans son envol tout en me laissant sur le quai.

Ces éléments entraînent chez moi un conflit dérangeant, un écart entre la maîtrise de la forme et les maladresses du fond, du contenu. Alors bien sûr j’ai tout de même quelques compositions fétiches comme ‘Flugufrelsarinn’ (et son très bon couplet), le morceau-titre, assez touchant, ou encore le mélodique ‘Olsen Olsen’… Mais l’ambiguïté reste présente en filigrane.

A la fois accessible et très typé, Ágætis Byrjun peut en fait être adulé comme négligé. Il symbolise néanmoins l’appel du grand froid, un truc un peu métaphysique, et un album à prendre, au minimum, en considération. En somme, et comme son titre le signifie en toute simplicité, ce grand pas en avant qu’est Ágætis Byrjun demeure… un bon début.

Note : 4/6

jeudi 23 septembre 2010

MARILLION Marillion.com (1999)

Marillion - Marillion.com
Néo-progressif / Pop-Rock (G.B.)


Finalement, depuis les écarts de This Strange Engine, c’est peut-être sur Marillion.com que le groupe sonne le plus comme du… Marillion. Certes, on se trouve ici devant une version modernisée de la formation, mais sa griffe si particulière reste curieusement présente. Et ces compositions nous feraient presque replonger dans la subtilité d’antan. Mais cela n'empêche pas Marillion d'asseoir à nouveau son identité en empruntant, parfois, d’autres routes.

C’est vrai, Marillion.com peut sembler moins ambitieux que son prédécesseur et alter ego Radiation (encore que…) mais il reste bien plus réussi à mon sens. Déjà prouvée par leurs pochettes respectives, la similitude entre les deux disques, faux frères, est visible dans la recherche d’un son plus contemporain, et dans l’orientation vers de nouveaux horizons artistiques, sans pousser les expérimentations à leur paroxysme. Si Radiation s’était parfois un peu perdu en chemin, Marillion.com nous ramène sur la voie.

À travers une production soignée, à laquelle participe notamment Steven Wilson (Porcupine Tree), on compte dans cet album quelques morceaux rock sans prétention mais qui se révèlent accrocheurs et entraînants (‘Deserve’, ‘Rich’) et des compositions plus calmes et légères, bien sympathiques (‘Enlightened’, ‘Tumbling Down The Years’). Au vu de ces compositions, nous sommes en terrain connu et balisé.

Les atmosphères sont bien travaillées, mais surtout sur les deux longs titres finaux, ouvrant d'autres chemins. Déjà, ‘Interior Lulu’... l'une des meilleures compos du groupe dans cette période, morceau à tiroirs parfaitement soigné, efficace et magnétique. Un titre bien prenant qui possède un climat propre, une identité forte, et qui a l’allure d’un classique. Puis s’enchaîne ‘House’, forme de rêverie easy listening, nocturne et ambiante, plaintive et élégiaque, plutôt captivante. L’occasion de s’évader encore un peu, dans des contrées jusque-là inexplorées par le groupe.

Certes, sur l’ensemble de l’album, nous ne sommes pas au niveau de Brave, et parfois plutôt proche d’Holidays in Eden, mais Marillion.com garde sa propre saveur et ses tours de magie. C’est avant tout un disque teinté de modernité, demeurant presque le reflet d’icelle. Une réussite, et une bonne remise en forme pour un groupe soucieux de son esthétique musicale.

Note : 4,5/6

lundi 24 juillet 2006

SAGA Full Circle (1999)

Saga - Full Circle
Art Rock / Nouvelle Vague (Canada)

Le progressif c’est aussi les concepts : les groupes-concepts, les chansons-concepts, les albums-concepts, les discographies-concepts... Avec Saga on se retrouve un peu dans le dernier cas de figure puisque le groupe a créé une sorte de fil conducteur dans sa discographie. Saga parsème en effet ses albums de chapitres ("chapters") qui, assemblés, forment une histoire. On retrouve notamment une interprétation de ces chapitres dans le live The Chapters Live qui reconstitue l’histoire dans l’ordre. Un objet important pour tout fan du groupe visiblement !

Full Circle peut être considéré pour beaucoup comme un retour gagnant, une remise en forme pour les Canadiens. Saga en profite aussi pour continuer à écrire les Chapters qui avaient été laissés en plan depuis 1981, avec World’s Apart ! Il est clair que l’album n’est pas très ambitieux s’il on tient compte des autres œuvres que propose le monde du rock progressif mais il n’en regorge pas moins de morceaux de qualité, comme l’excellentissime ‘Home’, et ses atmosphères mystérieuses ; ‘Time Bomb’, assez efficace ; ‘Not this Way’, une ballade toute simple mais vraiment envoûtante, donnant envie de s’engouffrer dans les profondeurs de l’océan avec sa bien-aimée ; et ‘Goodbye’, morceau constituant la fin atmosphérique et émotionnelle du disque. On remarquera aussi le très bon couplet de ‘Don’t say Goodbye’ et le titre ‘Uncle Albert's Eyes’, qui transmet une forme de sérénité et une nostalgie particulière. Dans Full Circle, il se dégage globalement une certaine sophistication, dépourvue d’excès, mais aussi une profondeur et une densité dans le son, ce que l’on retrouvera sur House of Cards. Ainsi, même si l’ambition n’est pas nécessairement au rendez-vous, Full Circle reste un disque sérieux et agréable.

Note : 4/6