Affichage des articles dont le libellé est 2005. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 2005. Afficher tous les articles

dimanche 13 octobre 2013

OPETH Ghost Reveries (2005)

Opeth - Deliverance
Métal progressif (Suède)


Aux premiers abords, Ghost Reveries ne semble pas apporter grand-chose à la discographie déjà si riche et exemplaire d’Opeth. Et pourtant, deux approfondissements non négligeables permettent aux rêveries fantomatiques du groupe d’atteindre des sommets artistiques : l’héritage toujours plus présent du rock progressif, et des riffs magistraux venus de l’au-delà, alors qu’on pouvait penser qu’Opeth avait déjà tout dit.

Le groupe a visiblement encore à offrir, pour notre plus grand plaisir. Le plaisir d’avoir devant nous un nouveau panorama merveilleux, animé d’une réelle ambiance, à la fois ancestrale et naturaliste, d’où émerge une forme de mysticisme envoûtant. Les textures des claviers de Per Wiberg (fraîchement membre officiel du groupe) apportent notamment du corps à l’album, et un côté suranné lié à la culture folk et au prog-rock seventies. Des compositions comme ‘Atonement’ ou ‘Hours of Wealth’ vont dans ce sens.

Opeth parvient également à se transcender à travers de nouveaux morceaux éblouissants. ‘Ghost of Perdition’, en ouverture, est une pure merveille, notamment grâce à sa section claire absolument renversante, reprise en toute fin de façon impériale et décisive. ‘The Baying of the Hounds’ lui succède triomphalement, faisant florès de nombreux riffs efficaces. Et que dire de ‘Beneath the Mire’ ou des douze minutes de ‘Reverie/Harlequin Forest’, capables de nous proposer de passages subjuguants et hors du commun… semblant ouvrir la voie vers une autre réalité musicale.

Pour sa complexité étourdissante, la qualité de ses motifs, et pour tout le sens qu’Opeth donne aux textures, Ghost Reveries est un disque particulièrement intense et profond. Un authentique album de synthèse progressive, empreint de romantisme et de mélancolie ; c’est ainsi qu’‘Isolation Years’, clôturant l’album, nous enlace dans une dernière rêverie évocatrice et introspective, montrant une fois encore toute l’équivocité d’un opus d’exception.

Note : 6/6

mercredi 31 octobre 2012

Kate BUSH Aerial (2005)

Kate Bush - Aerial
Art Rock/Pop (Angleterre)


Douze ans après The Red Shoes, Aerial fait un peu figure d’événement, comme nouvel opus de Kate Bush. Il se présente comme un double album mêlant à la fois l’univers bien reconnaissable de Kate (entre onirisme lyrique, littérature et dépaysement), et une qualité sonore moderne tout à fait d’époque. Aerial se compose d’un disque relativement hétérogène au niveau de ses thèmes, et d’un autre plus conceptuel, présentant l’évolution d’une demi-journée, de l’après-midi à la tombée de la nuit. Le concept se rapproche d’Hounds of Love (1985) même si ce dernier n’était pas un double album.

Parmi les temps forts du disque, je pense immédiatement à ‘An Architect’s Dream’, diaphane et ambiant, parfaitement maîtrisé, amenant une vraie présence avec des atmosphères prenantes et subtiles : un nouveau voyage sensoriel et un de mes morceaux préférés de la dame… A côté, le sublime ‘Sunset’ et sa progression mélodique émotive absolument fabuleuse en première partie… puis son incartade plus enjouée et festive (mais peut-être un peu forcée) dans la seconde. Le disque laisse aussi une part à des compositions plus classiques, calmes et pianotées, comme le joli ‘A Coral Room’... ou aux pulsations de ‘How to Be Invisible’ et de ‘Nocturn’, dans un registre encore différent. Les autres tracks ne font pas trop de vagues mais la production les rend plutôt agréables. Je reconnais en revanche avoir du mal avec ‘Joanni’ et le morceau titre.

L’ensemble maintient une vraie diversité tout en restant cohérent. La générosité de l'artiste se marie agréablement avec l'intimité du monde qu'elle dévoile. Naturaliste, entre ciel et terre, brassant des influences musicales diverses, Aerial est un voyage singulier dans l’espace-temps. L’occasion de célébrer en 2005 son retour lumineux de très belle manière.

Note : 4,5/6

mercredi 18 janvier 2012

SIGUR RÓS Takk... (2005)

Sigur Rós - Takk...
Post-Rock (Islande)


Sigur Rós est de retour en 2005, 3 ans après ( ). Bon, ça couine toujours autant, voire davantage, mais force est de constater l’envergure de ce nouveau disque. Takk… en effet, impressionne. Le style du groupe est toujours présent, peut-être moins sibyllin et expérimental, peut-être davantage diversifié, sans doute plus efficace. Je ne juge pas nécessairement la qualité de la musique à son aspect « direct » mais je ne puis m’empêcher de conférer à Takk… une aura et des qualités qui parviennent à marquer fortement l’auditeur.

J’ai pour ma part du mal à résister à certaines pièces du disque qui me bluffent littéralement. Bon, il y a déjà ce morceau bien sympa, ‘Hoppípolla’, remixé notamment en ‘Poppiholla’ par Chicane, et qui envoûte assez rapidement, malgré un usage des cordes que je trouve encore un tantinet trop théâtral. J’aime bien aussi ‘Glósóli’, et ‘Sé lest’, pas si mal, avec son lit de cordes plutôt maîtrisé, mesuré et équilibré… L’apparition d’autres instruments (cuivres notamment) est également bien trouvée. Le groupe va au bout de son style, jusqu’au-boutiste, en lorgnant légèrement vers d’autres horizons et sans en faire des tonnes, malgré des vocaux un peu caricaturaux ici (reproche que l’on pourrait aussi faire à ‘Mílanó’, un peu décevant).

Mais surtout, écoutez donc ça : ‘Sæglópur’, le terrible. Le piano et les effets guitaristiques nous plongent dans une composition majestueuse, noire et menaçante, impressionnante et écrasante, probablement une des plus réussies de la formation. Et puis voilà ‘Gong’, l’illuminé. Son groove est implacable, son piano de cristal. Irrésistible. Les promesses tenues des premiers disques, et l’émotion jusqu’aux larmes. Enfin, ‘Andvari’, le subtil. Les cordes enivrantes de sa coda nous font voyager et méditer. Le temps s’arrête dans ces paysages froids et dévastés. Takk… se présente comme un vrai aboutissement, assurément. Je ne saurais non plus oublier le lacrimal ‘Svo Hlj ótt’, mélancolique et contemplatif, et ‘Heysátan’ qui clôt l’album avec adresse.

Alors bien sûr, on pourra peut-être juger l’ensemble trop mielleux, et faire les mêmes reproches qu’aux autres oiseaux blessés au cœur moelleux et sensible comme Radiohead et Coldplay, avec cependant des griffes différentes. Efficace et personnel, Takk… semble pourtant réconcilier tant d’antagonismes dans la musique du groupe. Les promesses tenues des premiers disques, et de l’émotion jusqu’aux tripes. Du très grand art.

Note : 5,5/6

mardi 27 décembre 2011

RIVERSIDE Second Life Syndrome (2005)

Riverside - Second Life Syndrome
Néo-progressif / Renouveau / Atmosphérique (Pologne)


Sur notre route du progressif, nous avons une fois encore l’étrange impression d’être en terrain connu… mais nous sommes pourtant à Varsovie, en Pologne. Riverside a certainement foulé les terres d’Anathema et de Porcupine Tree, d’Opeth et de Dream Theater, de Pink Floyd et de Marillion. Les ressemblances sont évidentes, mais la personnalité du groupe reste indéniable, et son talent intact. Les Polonais de Riverside n’ont fait qu’emprunter avec brio la subtilité de leurs mentors : les vocaux nous replongent dans l’univers d’Anathema, les atmosphères planantes ne sont pas bien éloignées de celles de Pink Floyd, le jeu de guitare profond et tout en toucher rappelle Marillion, et la dynamique générale est indubitablement progressive et mélancolique…

*****

Les ambiguïtés de Second Life Syndrome sont presque une véritable chance : celle de découvrir une œuvre très personnelle tout en étant inspirée des meilleurs. Si l’on devait saisir la quintessence de l’album, l’écoute approfondie du morceau-titre de l’album serait propice. Véritablement emblématique, conceptuelle, ‘Second Life Syndrome’ est une composition de toute beauté, aux atmosphères envoûtantes, délivrant surtout deux soli de guitare aériens et absolument poignants. La Pologne a trouvé ses maîtres. Que dire aussi de ‘Volte-face’, qui propose dès le début du disque une énergie et une efficacité clinique, participant à l’équilibre global d’un disque oscillant entre atmosphères éthérées et énergie brute... Ces ambiances on les retrouve notamment dans le sublime ‘I Turned You Down’, qui n’est pas sans rappeler la voix de Vincent Cavanagh (et Dieu sait combien je suis fan d’Anathema). Cette violence rentrée… tout en retenue, mais si expressive. Par ailleurs, je ne saurais oublier la très belle ballade ‘Conceiving You’, parfaitement structurée, qui fait office de tube en puissance, sans être prévisible. Il y a aussi toute la tension amère de ‘Artificial Smile’, et ses sections à la guitare, tantôt inquiétantes, tantôt magistrales, se mêlant à la douceur froide des sons des claviers. On retrouve également cette beauté pure sur ‘Reality Dream III’, et son introduction à vous donner la chair de poule… Tous ces moments d’exception font de Second Life Syndrome une œuvre parfaitement aboutie, méritant une vraie reconnaissance. Un vrai tour de force très personnel et affirmé, tout en restant dans les pas des artistes du genre les plus émérites.

Note : 5,5/6