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mardi 24 décembre 2013

SOLEFALD Pills Against The Ageless Ills (2001)

Solefald - Pills Against The Ageless Ills
Métal légèrement atmo, légèrement indus, légèrement progressif… (Norvège)


Le troisième album de Solefald propose un métal assez contemporain, sombre et arty, plein de contrastes tout en restant très homogène. Du black métal progressif instable, en pleine dégénérescence, présentant paradoxalement une rigidité et une urgence parfois proches de celle du punk. Il se rapproche aussi d’une forme de modernité industrielle, dans le son et l’agressivité qui y est mise. À mettre en regard de Rebel Extravaganza de Satyricon et de 666 International de Dødheimsgard, œuvres sorties en 1999 et ayant apporté un souffle indus assez marqué au monde black métal.

Même s’il n’y ressemble pas trop, Pills Against the Ageless Ills est un album conceptuel racontant une histoire (un peu à dormir debout). Mais cela reste assez secondaire ; l’essentiel est vraiment l’univers musical qui se déploie. À mon sens l’opus s’axe pas mal autour de ruptures mais aussi de passages ambiants, étranges et troubles, parsemés dans les morceaux (écoutez par exemple ‘Fuck Talks’). Cette démarche me rappelle curieusement celle de Faith no More et devient un peu la marque de fabrique subconsciente de Pills….

Le groupe se renouvelle, expérimente, tout en gardant une vraie personnalité, exprimée à travers des sons (ce petit orgue par exemple…), des gimmicks mélodiques, des jeux d’opposition (voix claire, voix black). Bref, des signes marquant clairement leur territoire artistique. Mais en termes d’efficacité, il nous gratifie tout de même de quelques titres assez accrocheurs, comme ‘The Death of Father’, ‘Hyperhuman’, mais surtout l’entêtant et tubesque ‘The USA don’t Exist’, qui ne manquera pas de tourner longuement sur votre platine.

Palettes de vocaux, de sons, de registres, d’humeurs… Sans atteindre des sommets, Pills Against the Ageless Ills attire l’attention, et demeure un disque personnel de très bon niveau, qui doit cependant s’apprivoiser. Grâce aux atmosphères distillées et à son style paradoxalement assez précis, Solefald fait du caractère un peu « insondable » de son œuvre un véritable atout.

Note : 4,5/6

lundi 7 octobre 2013

OPETH Blackwater Park (2001)

Opeth - Blackwater Park
Métal progressif (Suède)


Still Life était un bien grand disque… et c’est dans son terreau fertile que Blackwater Park va puiser ces racines. L’équilibre acoustique-électrique a été trouvé, il s’en trouve désormais renforcé. Et là où réside la force de ce nouveau disque, c’est dans ses ambiances. Les musiciens sont parvenus à insuffler une « âme » dans l’œuvre, un « souffle », un véritable « esprit ». On ressent toujours cette atmosphère frissonnante, un peu lugubre et magique, qui avait été créée dans Still Life et qui anime davantage Blackwater Park, avec encore plus d’intensité.

J’avoue ne pas avoir cédé tout de suite à l’appel de Blackwater Park. Je l’avais repéré en 2001, une des années propices pour renforcer ma culture métal, très à l’écoute du genre à cette époque. Mais si les premières écoutes furent satisfaisantes, voire très stimulantes, je ne pus saisir l’essence de l’album que quelques années après. Ma vision d’ensemble de l’œuvre Opeth-ienne et son approfondissement m’ont probablement permis de mieux cerner l’intérêt et le rôle de chaque pièce de ce puzzle si riche.

Les atmosphères semblent se fondre avec les instruments. Ces derniers mugissent comme le vent qui ébruite les feuilles. Nous sommes perdus dans la brume épaisse d’un parc inconnu, pas très rassurant, mais sachant nous montrer sa beauté profonde avec générosité. ‘The Drapery Falls’, un des plus grands morceaux d’Opeth, est le plus dans cet esprit, notamment grâce à ces sons de guitare qui semblent nous appeler, se plaindre au loin… Absolument saisissant, une pure merveille… Les ambiances guident l’ensemble des morceaux, notamment ‘Bleak’, et surtout le titre éponyme, nous plongeant un peu plus dans l’épaisseur d’un monde étrange, peuplé d’arbres fantomatiques.

Il y a aussi ce morceau acoustique intense, très mélancolique, assez poignant : ‘Harvest’, le successeur de ‘Benighted’ et ‘Credence’, moins intime, plus fédérateur. Il s’y mêle un sentiment universel et en même temps une grande plainte nostalgique venant de l’intérieur. Opeth semble décidément s’aguerrir à tous les niveaux, dans toutes les facettes de sa musique, entre ténèbres menaçants et lumières diaphanes. Une musique des opposés, des compromis, une musique des saisons intermédiaires, comme le printemps et surtout l’automne, particulièrement propice à son écoute.

La production, parfaitement claire, nous laisse entrevoir les différents caractères du disque, et met bien en valeur les instruments qui les expriment. Ce qui permet à ‘The Leper Affinity’ de conserver tout son côté percutant, à ‘The Funeral Portrait’ de nous montrer ses riffs à la fois terrifiants et éblouissants, et à l’excellent ‘Dirge for November’ de nous envoûter plus encore de toute sa tension dramatique.

Blackwater Park, tout en étant moderne, retient en lui un véritable héritage (nous aurons peut-être l’occasion d’en reparler plus tard), teinté de folk et de musiques progressives. Il préserve aussi d’album en album ce côté « naturaliste », originel, en exprimant également toute sa force brute. Blackwater Park est un album résolument métal, résolument romantique, apportant à l’univers des musiques extrêmes tout son arôme, tout son sens et toute sa subtilité.

Note : 6/6

jeudi 8 mars 2012

FENNESZ Endless Summer (2001)

Fennesz - Endless Summer
Expérimental / Electronique / Textures (Autriche)


Des bruissements électroniques, rugueux, saccadés, industriels, mécaniques… et de douces mélodies ambiantes perceptibles en filigrane : bienvenu dans le monde digital de Christian Fennesz. L’ambivalence d’Endless Summer réside bien ici, dans cette confrontation féconde. Les sons de guitares sont traités, manipulés, voire torturés. Et de cet authentique travail sur les textures sonores, pas toujours très loin des frontières bruitistes, surgissent des mélodies mélancoliques, planantes, mystérieuses et évocatrices. Cet essai expérimental, scientifique, technique et archi-soigné, nous tient pourtant à distance d’une forme de terrorisme musical, les couches sonores restant légèrement douces et peu agressives. D’ailleurs, dans Endless Summer, l’ouïe et le toucher se rapprocheraient presque.

Plusieurs morceaux peuvent se démarquer. Déjà, ‘Got to Move on’ aurait pu être une bonne introduction au traitement toxique et alambiqué des sons du disque. Puis comptons sur ‘A Year in a Minute’, morceau très prenant pour son atmosphère à la fois contenue et post-apocalyptique, appuyée par une mélodie un peu sinistre plongée dans un bain de crépitements. Je pense aussi à la mélancolie diaphane du soyeux ‘Shisheido’, ou encore à ‘Caecilia’, autre petit rayon lumineux et mélodique. Il y a également cette curiosité, ‘Before I Leave’, certes un peu irritante, mais assemblant et conjuguant des samples d'orgue des Beach Boys à la façon « disque laser rayé » de manière assez déroutante. En fait, seul le morceau-titre, pas désagréable pour autant, reste peut-être un tantinet en deçà du reste et fait figure de demi-déception, en étant sévère.

Mais parlons de l’essentiel : ‘Happy Audio’. Une référence du genre, un titre phare. Mises à part ses exceptionnelles textures de sons, ce qui est fascinant ici c'est la façon dont le morceau évolue. Après s’être installé face à ces grésillements répétitifs et hypnotiques, exquis, on a véritablement l'impression qu'un second morceau, larvé, émerge peu à peu. La musique mute. Vers le dévoilement de quelque chose de mystérieux, surgissant progressivement, de façon saisissante. Les ambiances sont captivantes, profondes, les sons tournoient, sont pris au piège dans des boucles et des effets rotatifs. Ils sont en effusion permanente. Et c’est sur ce morceau d’une dizaine de minutes, conçu et exécuté avec une grande maîtrise, que le disque nous abandonne.

Finalement, une musique dans laquelle les parasites sonores deviennent la norme, voilà peut-être ce que nous présente Christian Fennesz. De par son titre, sa thématique et son essence cachée, Endless Summer reste aussi une référence aux Beach Boys, une forme de filiation spirituelle avec Brian Wilson, sur une autre latitude. Cependant, l'horizon qu'il définit demeure très personnel, au-delà de ses influences. Et cette saison électronique qu'il dépeint ressemble à un été bien singulier, équivoque, légèrement amer, rafraîchissant et lumineux. Presque infini.

Note : 5,5/6

dimanche 31 juillet 2011

MERCURY REV All is Dream (2001)

Mercury Rev - All is Dream
Pop symphonique / Néo-psychédélisme (U.S.A.)

Dix ans après le séminal Yerself is Steam, on aurait presque du mal à reconnaître Mercury Rev avec l’apparat d’All is Dream. Pourtant entre temps, le groupe aura fait sa route (quitte à se perdre en chemin ?). C’est vrai, certains d’entre nous auront découvert Mercury Rev avec ‘Goddess on a Hiway’, sans pour autant fouiller dans le passé du groupe, préférant continuer avec la suite et le disque que voici. De mon côté, je reste davantage partisan des débuts, même si le successeur de Deserter’s Songs mérite bien d’être écouté pour ses aspects un peu mystérieux, qui n’ont d’ailleurs rien à voir avec la date de sortie, le 11 septembre 2001…

Au premier abord, All is dream lève le voile sur un univers de comptines féeriques et oniriques qui pourraient trancher avec les chemins sinueux dans lesquels s’était aventuré Mercury Rev au début des années 90. Ici, dès les premières notes de ‘The Dark is Rising’, l’auditeur est plongé dans une forme de délire majestueux un peu déroutant, limite « cinématographique », voire quasi-« fantastique ».

Si le titre même de ce premier morceau tranche avec sa musicalité, l’hypnotique ‘Tiders of the Moon’ qui lui fait suite montre que la rêverie sera bien équivoque, transpirant de cette ambiguïté, de ce trouble d’identité qui fait de Mercury Rev un groupe mi-innocent, mi-lugubre. Étrange énigme...

On retrouve la même dynamique un peu plus tard, avec le très bon ‘Little Rhymes’, également sombre, entêtant et envoûtant. Mercury Rev dévoile à sa façon le fond de son âme sombre et torturée, ses chimères et ses illusions, avec une réussite parfois inégale certes, mais toujours en proie à cette dualité intérieure dont le reflet naïf et bigarré n’est qu’un vernis trompeur.

Ce dernier aura vite fait de s’écailler au fil du disque ; tantôt rêveur, regardant vers le ciel azuré, tantôt tracassé, sentant le sol se dérober sous ses pieds, l’auditeur navigue dans un monde qui a parfois bien du mal à nous confier sa nature première. Et la mise en forme est elle-même double : pop parfois symphonique et orchestrale, pop parfois plus intimiste, proche d’une musique de chambre, soignée et légère, précieuse et pudique.

D’ailleurs, sans être expérimental, le groupe ne coupe pas totalement ses racines du monde progressif et psychédélique, notamment avec l’épique et auguste ‘Hercules’, ou encore grâce aux douces avalanches de mellotron du délicat ‘Spiders and Flies’. Les vues du groupe sont multiples.

Dans sa globalité, l’album est soigné, à défaut de montrer une véritable classe olympienne. On regrettera tout juste l’entrée en matière, un peu trop théâtrale et solennelle, et – déjà – un tantinet encombrante, ou encore ‘A Drop in Time’, niais et superflu. La voix de lutin de Jonathan Donahue pourra également rebuter quelques-uns, tout comme certains aspects sentimentaux, mielleux, voire mélodramatiques de certains passages.

Si All is Dream n’est pas la pierre noire de la discographie de Mercury Rev, il porte un éclairage nouveau et ambigu sur l’identité complexe du groupe, sur son sens de la mélancolie, sur la définition qu’il porte à la nostalgie. All is Dream demeure un album en trompe-l’œil, un disque dual pour les esprits songeurs, parfois accompli, parfois plus dérangeant, mais toujours entre évasion et réalité, entre rêve éveillé et cauchemar torturé.

Note : 4/6

samedi 25 septembre 2010

MARILLION Anoraknophobia (2001)

Marillion - Anoraknophobia
Néo-progressif / Pop (G.B.)


"Today I saw music in the sky"… Dès l’introduction, quelque chose sonne déjà un peu faux dans ce disque. Et ce quelque chose vous poursuivra quasiment tout le long. Il y a en effet ce côté mielleux, sirupeux, voire un peu niais, qui émane de l’ensemble. Et puis les morceaux sont souvent un peu longuets, ce qui nuit irrémédiablement à leur qualités potentielles. Parce que oui, de bons éléments, il y en a véritablement : les couplets de ‘Between You & Me’ et de ‘Map of the World’ (et son solo) par exemple. ‘Quartz’ reste pour sa part un des morceaux qui peut tirer son épingle du jeu, tout comme ‘This is the 21st Century’ assez planant et mélancolique. Là encore, un bon couplet. J’ai aussi un peu de tendresse pour ‘The Fruit of the Wild Rose’, plutôt délicat et touchant. En revanche pour ‘Separated Out’, singeant parfois ‘Light My Fire’ des Doors, ça commence à coincer, et pour ‘If My Heart Were a Ball It Would Roll Uphill’ on est déjà plus dans l’inacceptable, malgré un final correct. La rupture semble ici consommée. On pourra ajouter que l’ensemble est moderne et cohérent, mais tout cela ne reste pas très sérieux en terme d’inspiration. Le disque ne propose par ailleurs rien de vraiment renversant, rien de vraiment original. À part peut-être cette démarche, dont tout le monde a un peu parlé dans le « milieu » : cette idée de demander aux fans de commander l’album avant même son enregistrement, les fonds permettant la réalisation dudit disque. Et puis il y a aussi cet artwork un peu étrange… Déjà le titre, "Anoraknophobia", un portmanteau word disent les anglo-saxons si je ne m’abuse… Ironique d’ailleurs de voir sur la pochette des petits bonshommes en parka armés de… cintres. Mais bon, tout cela n’est que détails au final. De façon générale, il m’arrive de prendre du plaisir avec ce disque, mais sans oublier que l’on peut, parfois, prendre du plaisir avec de mauvais albums... Trop moyen pour faire mouche, Anoraknophobia fait un peu peur au vu de ce que Marillion sait faire. Malgré quelques bons moments, la vue d’ensemble n’est dès lors pas très favorable à ce disque dont on attendait peut-être trop. Portemanteau. Fiasco. Rideau.

Note : 2,5/6

mardi 20 mai 2008

TRANSATLANTIC Bridge Across Forever (2001)

Transatlantic - Bridge Across Forever
Progressif Symphonique / Renouveau 90's/00's (INT)


C’est avec une grande joie que j’appris en 2001 la sortie du second opus de Transatlantic : Bridge Across Forever, nouveau voyage progressif à bord de ce mystérieux dirigeable, emmené par le même équipage qui avait construit le très réussi SMPTe... l’année d’avant !

En tout cas, disons-le dès le départ : ce sont effectivement dans les deux grandes pièces montées ‘Duel with the Devil’ et ‘Stranger in Your Soul’ que va résider tout l’intérêt du disque. Ces deux morceaux maximalistes de 26 minutes chacun présentent une fois encore, et sans grande surprise par rapport au précédent album, une belle cohésion entre les musiciens et surtout de nombreux thèmes musicaux de qualité donnant vie au disque. Parmi les moments les plus mémorables, on notera bien sûr la section ‘Lost & Found’ et les dernières parties des deux titres, plutôt emphatiques et émotionnelles.

Certes, il y a la belle ballade onirique ‘Bridge Across Forever’, et ses mots à la fois poignants et enfantins, dans le même rôle que ‘We All Need Some Light’ sur SMPTe. Mais il faut malheureusement se coltiner aussi les 14 minutes de ‘Suite Charlotte Spike’, morceau plutôt raté (il faut dire que débuter celui-ci par des délires en studio reste tout de même un summum de kitscherie…) et donc forcément trop long.

Bridge Across Forever montre ses qualités avec générosité et nous ramène dans le passé, pour célébrer une musique d'éternité. Ajoutez à cela une production des plus réussies, et vous obtenez un disque une fois encore imposant et adapté pour tout fan du néo-progressif à tendance symphonique et nostalgique des seventies comme des eighties.

Note : 4,5/6

mercredi 26 mars 2008

YES Magnification (2001)

Yes - Magnification
Progressif Symphonique (Angleterre)


Ces dernières années, Magnification de Yes restait à mes yeux l’horreur musicale de référence dans le monde progressif, voire dans le monde de la musique tout court. J’ai néanmoins décidé de procéder à une réévaluation fin 2007, pour vérifier si cette opinion commençait à tenir plus de la légende qu’à autre chose. Mais autant énoncer tout de suite l’issue de la manœuvre : je n’ai pu grappiller qu’un point plutôt généreux.

Revenons au début. Magnification est un disque de progressif symphonique, mais plus « symphonique » que « progressif » (là où Close to the Edge, par exemple, était plus « progressif » que « symphonique » stricto sensu, si on veut). Aidé d’une bonne production, le groupe est accompagné par un orchestre, mais délaisse délibérément… les claviers !

À vrai dire, la raison de l’échec de ce disque est plutôt simple : les mélodies restent en effet le principal défaut de l’album, accentué par la voix de Jon Anderson, devenue difficilement supportable. Sérieusement, comment ne pas s’arracher les cheveux devant les refrains de ‘Don’t Go’, de ‘Give Love Each Day’, ‘We Agree’ ? Mièvres et particulièrement niais, d’un goût forcément douteux, ils condamnent le disque et empêchent toute rédemption. ‘Spirit of Survival’, autre titre de longueur raisonnable, participe également au naufrage.

Pourtant, les arrangements ne sont pas toujours mauvais, et restent même dans l’ensemble plutôt soignés, comme s'ils tentaient parfois de relever le niveau. Les moments agréables restent néanmoins trop rares et au final peu convaincants. Le salut aurait pu venir des petits morceaux plus courts, ou bien sûr des deux titres de 10 minutes : ‘Dreamtime’ (l’excellent début et les 30 dernières secondes uniquement) & ‘In the Presence Of’ (la fin de ‘Deeper’, ‘The Death of Ego’ et ‘Turn Around and Remember’), pièces présentant des passages particulièrement réussis.

Si la fin du disque se montre donc de meilleure facture, l’ensemble reste vraiment trop faible pour espérer une note plus clémente. La démarche aurait pu être intéressante, mais Yes semble trop pris dans ses contradictions internes pour proposer quelque chose de plus régulier et subtil. Ma mission s'arrête là, en attendant, qui sait, une prochaine et douloureuse évaluation, dans quelques années...

Note : 1/6

dimanche 23 juillet 2006

SAGA House of Cards (2001)

Saga - House of Cards
Art Rock / Nouvelle vague (Canada)


C’est sur les bases de nouveau posées par Full Circle que Saga nous offre House of Cards. Certes ce disque est plus direct, voire plus FM que son prédécesseur, mais le style très propret du groupe, tout comme les ambiances étranges qu’il distille, demeurent. En tout cas, House of Cards possède bien quelques atouts : la production limpide, les ambiances créées par les nappes de claviers et le son croquant de la guitare de Ian Crichton, en verve sur plusieurs soli. Certains morceaux sont plutôt plaisants, comme l’inquiétant ‘God Knows’ ou encore ‘That’s How We Like It’, titre assez entraînant. Mais on retiendra surtout ‘We’ll Meet Again’ pour son riff d’intro excellent et ses atmosphères, tout comme le très bon ‘Only Human’ qui nous gratifie en effet d’une mélodie plutôt efficace au couplet et d’un solo court mais très accrocheur et classieux. On restera beaucoup plus circonspect pour le reste, et notamment à propos des morceaux les plus mièvres, comme ‘Once in a Lifetime’, le single ‘Money Talks’, ou encore la chanson-titre. Saga joue en effet parfois la carte FM décomplexée mais n'évite pas toujours les clichés du genre, ce qui demeure bien compromettant. Cependant, le disque reste assez attachant et ses meilleurs moments parviennent parfois à nous faire oublier ses écarts.

Note : 4/6