
Métal extrême symphonique / Progressif (Malte)
J’ai récemment ressorti de ma discothèque une curiosité : Farthest from the Sun d’Apotheosis, one-man-band maltais incarné par un dénommé Sauron. Ce disque de métal symphonique et atmosphérique est sorti en 2002, une époque où j’étais particulièrement à l’affût de nouveautés métalliques. La pochette est déjà un peu étrange : un logo touffu, un décor marin un peu obscur, une fille parachutée avec un sceptre lumineux, et un dragon squelettique menaçant, bizarrement flouté, le tout probablement sorti de l’univers imaginaire d’un Photoshop-like. Mais loin de moi l’idée de dénigrer cet album : la pochette attendrissante annonce bien un contenu sombre, onirique et épique, méritant ici notre attention.
Farthest from the Sun se déroule en 4 actes :
- Tout commence par cette longue introduction instrumentale de 7 minutes, ‘Victory’, présentant un univers chatoyant, à cheval entre expérimentations féeriques et ambiances morbides synthétiques. Le son est particulièrement propre et puissant mais rien ne nous ferait nécessairement présager la suite…
- … un fracas symphonique dans lequel la voix caverneuse et démoniaque du chanteur se déploie majestueusement ; le second titre, ‘The Maimed God’, monument de 17 minutes, se met en place. L'ambiance est particulièrement agitée, tortueuse et oppressante (le titre de l’album n’est pas mensonger). Les riffs s’enchaînent, tous très mélodiques et mémorisables (rappelant tantôt les climats et le style d’un Emperor ou d’un Sacramentum), et des atmosphères très diverses se succèdent (cordes, nappes, textures personnelles…), reliées de manière fluide les unes aux autres. L’ensemble se déroule de façon cohérente, avec la froideur d’une machine, mais la lucidité de l’artiste. D’ailleurs, mention spéciale à cette boîte à rythme impersonnelle, mécanique subtile et efficace qui se fond très bien dans le disque.
- Introduit par un riff speed/thrash, le troisième titre, ‘Raise the Dragon Banner’ se montre brutal et direct. Il s’agit néanmoins d’une composition un peu schizophrène, s’étirant sur douze minutes. Sa seconde partie demeure en effet plus atmosphérique. Elle est réellement envoûtante, remarquablement amenée, et bien associée à la première. L’usage des claviers apportent caractère et variété au morceau.
- Le disque se clôt sur un long instrumental très attachant, sobrement intitulé ‘Kingdom’, durant près de 17 minutes lui aussi. Le début est assez métal, rappelant un peu les mélodies d’Obtained Enslavement (à 01:24). Bien qu'un passage assez minable vienne porter une réelle ombre au tableau (à 04:24 environ) les envolées lyriques demeurent mesurées et intelligemment composées.
Grâce à l’univers profond de Farthest from the Sun, à la fois « intérieur » et surnaturel, Sauron parvient à se démarquer des formations évoluant dans des styles plus ou moins similaires. C’est également une œuvre assez impressionnante dans sa réalisation, portée par les épaules d’un seul homme. L'album est riche et complexe aux limites du progressif, mais se déguste facilement, d'où son accessibilité. Même si certaines textures et effets artificiels pourront gêner, Farthest from the Sun demeure un disque original et complet, agréable et digeste, doté d’ambiances atypiques stimulant notre imaginaire, et dont on se souviendra le moment venu, s’il on finit par oublier ce qu'était une démarche artistique.
Note : 5/6
Farthest from the Sun se déroule en 4 actes :
- Tout commence par cette longue introduction instrumentale de 7 minutes, ‘Victory’, présentant un univers chatoyant, à cheval entre expérimentations féeriques et ambiances morbides synthétiques. Le son est particulièrement propre et puissant mais rien ne nous ferait nécessairement présager la suite…
- … un fracas symphonique dans lequel la voix caverneuse et démoniaque du chanteur se déploie majestueusement ; le second titre, ‘The Maimed God’, monument de 17 minutes, se met en place. L'ambiance est particulièrement agitée, tortueuse et oppressante (le titre de l’album n’est pas mensonger). Les riffs s’enchaînent, tous très mélodiques et mémorisables (rappelant tantôt les climats et le style d’un Emperor ou d’un Sacramentum), et des atmosphères très diverses se succèdent (cordes, nappes, textures personnelles…), reliées de manière fluide les unes aux autres. L’ensemble se déroule de façon cohérente, avec la froideur d’une machine, mais la lucidité de l’artiste. D’ailleurs, mention spéciale à cette boîte à rythme impersonnelle, mécanique subtile et efficace qui se fond très bien dans le disque.
- Introduit par un riff speed/thrash, le troisième titre, ‘Raise the Dragon Banner’ se montre brutal et direct. Il s’agit néanmoins d’une composition un peu schizophrène, s’étirant sur douze minutes. Sa seconde partie demeure en effet plus atmosphérique. Elle est réellement envoûtante, remarquablement amenée, et bien associée à la première. L’usage des claviers apportent caractère et variété au morceau.
- Le disque se clôt sur un long instrumental très attachant, sobrement intitulé ‘Kingdom’, durant près de 17 minutes lui aussi. Le début est assez métal, rappelant un peu les mélodies d’Obtained Enslavement (à 01:24). Bien qu'un passage assez minable vienne porter une réelle ombre au tableau (à 04:24 environ) les envolées lyriques demeurent mesurées et intelligemment composées.
Grâce à l’univers profond de Farthest from the Sun, à la fois « intérieur » et surnaturel, Sauron parvient à se démarquer des formations évoluant dans des styles plus ou moins similaires. C’est également une œuvre assez impressionnante dans sa réalisation, portée par les épaules d’un seul homme. L'album est riche et complexe aux limites du progressif, mais se déguste facilement, d'où son accessibilité. Même si certaines textures et effets artificiels pourront gêner, Farthest from the Sun demeure un disque original et complet, agréable et digeste, doté d’ambiances atypiques stimulant notre imaginaire, et dont on se souviendra le moment venu, s’il on finit par oublier ce qu'était une démarche artistique.
Note : 5/6
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