
Métal progressif (Suède)
Deliverance avait fait grand bruit à sa sortie. Le milieu du métal commençait à s’agiter, attendant la sortie du graal avec impatience et excitation. Et le résultat fut à la hauteur : Deliverance est un disque percutant et énergique, certes plus opaque que les précédents, mais capitalisant avec succès sur toute la dimension sombre que le groupe entretient visiblement de plus en plus. Et puis il me rappelle pas mal de (bons) souvenirs… Je me rappelle déjà son achat, le ramenant chez moi précieusement, dans ma besace, bien au chaud.
Une fois encore, un album d’Opeth est revêtu d’une très jolie pochette… Elle exprime le côté très noir de l’œuvre, son univers fantomatique (My Arms, Your Hearse et Blackwater Park n’étaient pas en reste à ce niveau-là), et aussi une forme d’esprit originel ; le livret est assez évocateur, avec cette demeure morne et surannée, pourtant assez classieuse. De plus, je trouve intéressant d’avoir mis une vue d’un intérieur plutôt qu’une image de paysage, comme cela fut quasiment toujours le cas avec Opeth. Ce changement donne un aspect plus concret, voire plus humain à la musique du groupe.
Succéder à Blackwater Park n’est en tout cas pas chose aisée. Mais cela entraîne aussi un engouement qui peut se révéler positif. Deliverance arrive à surfer sur la vague de sympathie toujours plus grandissante pour un groupe d’exception. Il apporte aussi des changements, des inflexions, étant à mon sens davantage heavy mais aussi plus brutal que les deux œuvres précédentes, pour prendre un panel de disques cultivant les mêmes bases. Et il entretient toujours cet aspect ténèbres-lumière, même si les premiers semblent prendre ici une nouvelle longueur d’avance.
Sur les six morceaux (dont un interlude) qui composent Deliverance, j’en choisirais trois :
- le morceau-titre, et ses rythmiques en acier. L’intro n’est d’ailleurs pas sans me « rappeler » ‘Wealth’ des compères de Katatonia, sorti 2 ans plus tard (n’oublions pas qu’Åkerfeldt était le chanteur de leur deuxième album). J’aime vraiment beaucoup la fin, avec ce riff terrassant, annonciateur de quelque chose d’encore inconnu. Il s’en dégagerait presque une forme d’euphorie légère… Je trouve l’allure de ce motif assez novatrice pour du Opeth.
- ‘A Fair Judgement’, plus épique, symbolisant un peu une lumière triomphale dans cet opus, apportant tout son souffle libérateur. La section middle est aussi très subtile, et la fin du morceau, plus pesante, laissant traîner ses spectres de mauvais augure, permet de varier intelligemment les caractères.
- ‘Master’s Apprentices’, figurant dans mon top 5 des titres favoris du groupe. Un morceau très heavy, avec une section middle ensorcelante et irrésistible… et un final renversant se prolongeant victorieusement pendant quelques minutes ; écoutez un peu la batterie, la performance de Martin Lopez étant d’ailleurs royale dans tout l’opus…
Deliverance, comme tout album d’Opeth, cultive l’identité du groupe, tout en se fondant brillamment avec son époque. Il y a toujours ce respect de l’héritage, tout en restant à l’écoute des sons contemporains… pour la création d’un univers grisant, d’un chez soi, certes déstabilisant pour ses atmosphères, mais qui contient en lui encore suffisamment de lumière pour s’y retrouver sereinement. C’est vrai, Deliverance est un disque impressionnant. Je ne sais pas s’il s’agit nécessairement du meilleur Opeth, mais il fait indubitablement partie de ceux qui me sont les plus proches.
Note : 6/6
Une fois encore, un album d’Opeth est revêtu d’une très jolie pochette… Elle exprime le côté très noir de l’œuvre, son univers fantomatique (My Arms, Your Hearse et Blackwater Park n’étaient pas en reste à ce niveau-là), et aussi une forme d’esprit originel ; le livret est assez évocateur, avec cette demeure morne et surannée, pourtant assez classieuse. De plus, je trouve intéressant d’avoir mis une vue d’un intérieur plutôt qu’une image de paysage, comme cela fut quasiment toujours le cas avec Opeth. Ce changement donne un aspect plus concret, voire plus humain à la musique du groupe.
Succéder à Blackwater Park n’est en tout cas pas chose aisée. Mais cela entraîne aussi un engouement qui peut se révéler positif. Deliverance arrive à surfer sur la vague de sympathie toujours plus grandissante pour un groupe d’exception. Il apporte aussi des changements, des inflexions, étant à mon sens davantage heavy mais aussi plus brutal que les deux œuvres précédentes, pour prendre un panel de disques cultivant les mêmes bases. Et il entretient toujours cet aspect ténèbres-lumière, même si les premiers semblent prendre ici une nouvelle longueur d’avance.
Sur les six morceaux (dont un interlude) qui composent Deliverance, j’en choisirais trois :
- le morceau-titre, et ses rythmiques en acier. L’intro n’est d’ailleurs pas sans me « rappeler » ‘Wealth’ des compères de Katatonia, sorti 2 ans plus tard (n’oublions pas qu’Åkerfeldt était le chanteur de leur deuxième album). J’aime vraiment beaucoup la fin, avec ce riff terrassant, annonciateur de quelque chose d’encore inconnu. Il s’en dégagerait presque une forme d’euphorie légère… Je trouve l’allure de ce motif assez novatrice pour du Opeth.
- ‘A Fair Judgement’, plus épique, symbolisant un peu une lumière triomphale dans cet opus, apportant tout son souffle libérateur. La section middle est aussi très subtile, et la fin du morceau, plus pesante, laissant traîner ses spectres de mauvais augure, permet de varier intelligemment les caractères.
- ‘Master’s Apprentices’, figurant dans mon top 5 des titres favoris du groupe. Un morceau très heavy, avec une section middle ensorcelante et irrésistible… et un final renversant se prolongeant victorieusement pendant quelques minutes ; écoutez un peu la batterie, la performance de Martin Lopez étant d’ailleurs royale dans tout l’opus…
Deliverance, comme tout album d’Opeth, cultive l’identité du groupe, tout en se fondant brillamment avec son époque. Il y a toujours ce respect de l’héritage, tout en restant à l’écoute des sons contemporains… pour la création d’un univers grisant, d’un chez soi, certes déstabilisant pour ses atmosphères, mais qui contient en lui encore suffisamment de lumière pour s’y retrouver sereinement. C’est vrai, Deliverance est un disque impressionnant. Je ne sais pas s’il s’agit nécessairement du meilleur Opeth, mais il fait indubitablement partie de ceux qui me sont les plus proches.
Note : 6/6
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire