samedi 12 octobre 2013

OPETH Damnation (2003)

Opeth - Damnation
Acoustique (Suède)


Deliverance, sombre et heavy, et Damnation, album à dominante « acoustique », forment une paire intéressante. Deux disques twins se complétant par leurs contraires, et sortis à 5 mois d’intervalle… Damnation est donc l’occasion pour Opeth de se concentrer uniquement sur deux composantes liées, encore trop restées dans l’ombre de leur art : les ballades légères et les voix claires. Une musique faussement tranquille, à la fois assez simple et pure mais aussi légèrement sophistiquée.

Les compositions ne sont donc pas vraiment dépouillées. Sur tout l’album la basse semble bien présente et sereine, la batterie scintille, le piano de manoir s’invite au récital, et entre quelques solos tout en touché, les guitares s’enveloppent de nappes de mellotron… Le tout est bien sûr animé par la voix claire de Mikael Åkerfeldt. On semble vraiment dans un autre univers par rapport à Deliverance et ses prédécesseurs. Je me demande du reste si les deux titres d’albums n’auraient pas pu être inversés.

Les premières écoutes n’ont pourtant pas été satisfaisantes de mon côté, jugeant cet aspect d’Opeth un peu trop doucereux, mielleux. J’aime beaucoup le registre acoustique, mais l’interprétation d’Opeth me gênait dans Damnation. Le groupe s’était montré pourtant brillant jusqu’alors dans cet exercice, quand il se concentrait sur une chanson isolée (‘Harvest’, ‘Credence’, ‘Benighted’…) ou fonctionnait par touche (‘Face of Melinda’, ‘A Fair Judgement’…)

Mais si cela n’était pas ma tasse de thé au départ, la démarche étant trop jusqu’au-boutiste à mon sens, j’ai fini par prendre un peu goût à Damnation. Notamment pour ses beaux morceaux, assez lumineux, comme ‘Windowpane’, ‘To Rid the Disease’, et ‘Hope Leaves’ bien sûr, comptant parmi mes préférés du disque, grâce à sa mélodie et à ses ambiances. Sans oublier les mystères de ‘Weakness’, sur lesquels l’opus se referme.

Le disque pourrait ressembler à un pari, à une originalité. C’est au contraire un exercice qui devient familier, parce qu’affirmation d’une identité artistique. L’album est globalement réussi même s’il se glisse un peu timidement au sein de la discographie du groupe. Il reste néanmoins un disque de valeur. On y cultive un bonheur simple, des moments d’une douceur surannée et mélancolique, se révélant toujours précieux.

Note : 4,5/6

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