Affichage des articles dont le libellé est Premiata Forneria Marconi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Premiata Forneria Marconi. Afficher tous les articles

mardi 5 juillet 2005

PREMIATA FORNERIA MARCONI Storia di un Minuto (1972)

Premiata Forneria Marconi - Storia di un Minuto
Progressif Italien / Symphonique


Le premier album de la Premiata, très prisé par les amateurs de progressif, montre ses musiciens dans ce qu’ils savent faire de mieux : mettre à profit leur maîtrise des instruments pour produire des morceaux cohérents et riches en atmosphères. La formation italienne développe une musique romantique, intime et pastorale, synthèse personnelle d’héritages classique, jazz et acoustique.

Premiata Forneria Marconi nous dessine de façon subtile son idée de la mélancolie italienne. Une certaine idée de la simplicité et de la mesure aussi. Sans surenchère. Et c’est toute cette authenticité qui donne une signification parfois poignante à l’ensemble, la tonalité surannée offrant à l’œuvre tout son charme et sa profondeur.

Storia di un minuto brille par sa générosité. Les musiciens lèvent le rideau sur une scène de théâtre pleine d’enseignements. Claviers, voix, flûte et violon créent des mélodies anciennes et des ambiances diverses, tantôt feutrées et nocturnes, tantôt plus festives ou colorées. De temps en temps de grandes mélopées mystiques de mellotron viennent vous happer, tel un vent heureux.

Le disque tire la majeure partie de sa force dans sa seconde partie. L’acte II de ‘Dove… Quando…’ est une merveille, tout comme les atmosphères de ‘La carozza di Hans’ et de l'introspectif ‘Grazie Davvero’, qui n’est pas sans rappeler ‘Brain Damage’ de Pink Floyd. La première partie reste un ou deux tons en dessous (notamment l'enjoué ‘E festa’ qui, mise à part ses superbes envolées de mellotron, reste un peu agaçant).

Louant un certain sens de la tradition, Storia di un minuto est une œuvre d’artistes poètes accomplis. Artistes certainement, mais « artisans » plus encore… « Artisans » d’un progressif sincère, les musiciens de la Premiata nous offre avec ce premier disque une leçon de choses précieuse et profonde.

Note : 5/6

lundi 4 juillet 2005

PREMIATA FORNERIA MARCONI Per un amico (1972)

Premiata Forneria Marconi - Per un Amico
Progressif Italien / Symphonique


Le deuxième album de Premiata Forneria Marconi, Per un Amico, fait figure de classique incontournable de la scène italienne et du monde progressif en général. Inspiré par Jethro Tull et les débuts de King Crimson, le groupe y développe une musique méditerranéenne et céleste tout en nouant ensemble, avec précision, des instrumentations progressives et baroques.

Per an amico propose des ouvertures et une escapade au royaume des rêves. Les mellotrons font émerger des atmosphères douces et nuageuses nous rapprochant de leurs contemporains anglo-saxons, Genesis, tout en conservant une touche très personnelle. Mais surtout, le groupe nous offre aussi un album plein de contrastes, contenant des morceaux-tiroirs, exécutés entre tranquillité et « tension ».

Dès l’ouverture de l’album, les premières notes suscitent un véritable éveil musical. ‘Appena un Po’’ est en effet un morceau aérien d’une rare intensité. Il fait connaître à l’auditeur de véritables montées émotionnelles à travers des passages particulièrement poignants. Ce titre constitue une des plus belles réussites du groupe, et s'écoute la gorge nouée, l'esprit en proie à des rêveries douces-amères.

Si l’on met de côté ‘Generale’, faisant office de seul (et léger) raté du disque à cause de sa deuxième section un peu niaise et irritante, les autres morceaux sont de très bonne facture. La chanson-titre, légère et dynamique, respire la maîtrise technique et exprime par moments une forme de tension ambiante. Le mélodique ‘Il Banchetto’ peut s’inscrire dans les classiques du groupe et le troublant ‘Geranio’ clôture le disque de façon marquante, en martelant des sons inquiétants et répétitifs.

Le jeu de Premiata Forneria Marconi, mélodique et soutenu, délicat et léger comme un nuage de lait, montre que des individualités soudées ne sont jamais aussi performantes que quand elles jouent ensemble. De cette façon, la Premiata réussit à travers cet opus raffiné à créer un univers onirique nous faisant visiter les plus belles régions du ciel comme les recoins les plus émotifs de notre âme.

Note : 5/6