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lundi 23 décembre 2013

CYNIC Focus (1993)

Cynic - Focus
Techno death metal progressif (U.S.A.)


Focus de Cynic, sorti en 1993, fait partie des disques culte dans le milieu du métal. Son identité très marquée se manifeste à travers :
§  une technique très poussée, devenant un des canons du genre techno death ;
§  une fusion féconde de styles, avec notamment l’apport du jazz, de passages exotiques, et la recherche de nouvelles textures de sons ;
§  un climat futuriste, porté par endroit par des voix cybernétiques.

Ces jeux de contrastes et ces panoramas inédits jusqu’alors sont réalisés par des mains de maître et des esprits adroits : les deux guitaristes Paul Masvidal & Jason Gobel, le bassiste Sean Malone, et le batteur Sean Reinert. Les voix death additionnelles sont assurées par Tony Teegarden.

Parmi les passages plus marquants de ce tour de force, citons par exemple :
  • ‘Veil of Maya’, absolument emblématique. L’album montre donc dès le premier titre les priorités du groupe, avec ses ruptures de style, sa technique jusqu’au-boutiste, ses climats dépaysants, son univers cyber… Le tout avec un solo détraqué tout à fait dantesque.
  • ‘Sentiment’, qui commence et se referme avec une boucle hypnotique et un riff de basse ronflant.
  • ‘Textures’, évocateur, approfondissant la démarche expérimentale à partir de sons clairs.
  • ‘How Could I’, lui aussi très symbolique, avec son final irrésistible et enivrant. Du grand art.
Mais tous les titres sont de qualité : la puissance d’‘Uroboric Forms’, les atmosphères de ‘The Eagle Nature’ ou encore d’‘I'm But a Wave to...’… Difficile de détacher le morceau ultime tant chaque titre développe des atouts différents.

Il a fallu attendre jusqu’en 2008 pour obtenir un second album du groupe, ce qui accentua le côté culte de Focus. Séminal et unique, cet album de Cynic demeure particulièrement original et ouvre la voie pour de nombreux groupes qui souhaitent s’engouffrer dans les chemins du métal technique et expéri-mental.

Note : 6/6

samedi 30 juillet 2011

MERCURY REV Boces (1993)

Mercury Rev - Boces - Néo-psychédélisme
Néo-psychédélisme (U.S.A.)

Boces fait ici figure de petit frère de Yearself Is Steam. Le groupe reprend un peu la même recette pour délivrer une musique rock psyché, turbulente et désordonnée, ambiguë et un peu… sinistre. L’album contient deux longues épopées obliques de 10 minutes (‘Meth of a Rockette's Kick’ & ‘Snorry Mouth’) démontrant bien l’addiction du groupe pour les horizons psychédéliques. D’autres titres demeurent plus courts et directs comme ‘Bronx Cheer’ et le single euphorique ‘Something for Joey’. Notons aussi ‘Boys Peel Out’, parfois curieusement jazzy, et surtout l’excellent ‘Downs Are Feminine Balloons’, davantage atmosphérique. Le climat général reste assez génialement déluré (la flûte sur ‘Meth …’ et le son de trompette bizarroïde et détraquée de ‘Snorry Mouth’, emmenée par un refrain en chœur limite débile) quand il ne tombe pas dans une forme de lugubre malsain, accentuant les troubles psychiques et chimiques du premier disque. On y détecte ainsi un côté décalé et funeste, un peu à la manière des petites choses terrifiantes que l’on trouve quelque part, dans le Giant Steps des Boo Radleys. Le tout semble animé de manière indécise par une désinvolture un peu lascive et tribale, parfois mêlée à une énergie électrique et furibonde. Reste à savoir où le groupe tire un réel avantage de tout cela, à moins d’en être fasciné avec un certain effroi. Boces n’en demeure pas moins un disque vraiment honorable, espiègle et intrigant, schizophrène et polymorphe. Il incarne aussi la fin de la première vie de Mercury Rev, scellant notamment le départ du chanteur David Barker, s’envolant sous d’autres cieux, en solo cette fois-ci…

Note : 5/6

jeudi 28 octobre 2010

RUSH Counterparts (1993)

Rush - Counterparts - Heavy Prog
Heavy Prog / Hard FM (Canada)


Étonnante pochette… pour un disque qui ne l’est pas forcément moins. Counterparts continue ici sur la lancée de Roll the Bones en donnant une place d’honneur aux guitares sans pour autant délaisser le côté radio-friendly. Les synthés se mettent cependant plus en retrait, et Rush continue de métamorphoser le son de ses chansons, progressivement mais sûrement. Le rock conceptuel et alambiqué de la fin des 70’s tout comme les explorations synthétiques des 80’s sont déjà loin ; pour le coup, ça y est, Rush ressemblerait vraiment à un authentique groupe 90’s, mêlant rock heavy et alternatif.

Dans cette nouvelle collection de chansons, plusieurs morceaux semblent se détacher ; le robuste ‘Animate’ et l’excellent instrumental ‘Leave that Thing Alone’ sont de savants mélanges de rigidité, de solidité et de dynamique, quand ‘The Speed of Love’, ‘Alien Shore’ & ‘Cold Fire’ présentent un rock plus souple voire sensible, tout en demeurant volontaire et efficace. Pensons aussi à l’acoustique fm-isé de ‘Nobody’s Hero’, un peu emprunté mais plutôt prenant pour son bridge aérien et le son limpide de sa guitare.

Dans l’ensemble, si les morceaux de Counterparts donnent un aspect hétérogène et diversifié à l’ensemble, ils n’en gardent pas moins entre eux un certain liant. Et la qualité est au rendez-vous même si quelques titres paraissent toujours un peu moins bons. Mais qu’à cela ne tienne, Rush est bel est bien entré dans les nineties et se fait une place au sein de la concurrence avec un disque plaisant et attractif.

Note : 4/6