mardi 24 avril 2012

SOFT MACHINE Fourth (1971)

The Soft Machine - Fourth
Jazz / Canterbury / Expérimental (Angleterre)


Les premiers disques de Soft Machine auront été l’objet d’un crossover jazz & prog-psyché, mais surtout la base d’un déplacement progressif de leur musique vers un jazz plus pur. Avec Fourth, complètement instrumental, on semble bel et bien arrivé sur l’autre rive. La mutation est inéluctable, achevée, irréversible. Le temps d'un psychédélique suranné semble loin, mais pas celui des chemins expérimentaux, aventureux et jusqu'au-boutistes du groupe.

Premier fait notable : Fourth est l’album du départ de Robert Wyatt. Et pour son dernier disque avec la machine molle, il pulse l’ensemble comme jamais, se montrant comme un véritable batteur de jazz explosif à la forte personnalité artistique, mise à profit dans cette musique complexe, oblique et volubile. Mark Charig (cornet) et Alan Skidmore (saxophone tenor) ajoutent leurs instruments éclatants à ceux de Nick Evans (trombone) et d’Elton Dean (saxophone alto et saxello). Notons aussi l’appui de Roy Babington, à la contrebasse.

‘Teeth’, morceau de Mike Ratledge dans lequel Elton Dean excelle, est la mise en œuvre d’un jazz étincelant et vivant, feutré et flamboyant. ‘Kings & Queen’ (Hugh Hopper) demeure quant à lui davantage accessible pour ses lignes mélodiques, et laisse ensuite place à ‘Fletcher’s Blemish’ (Elton Dean), forme de jazz en liberté, titre le plus expérimental/free de l’opus, donnant plus de caractère à l’album. Le disque se poursuit avec une longue suite en quatre mouvements : ‘Virtually’, composée par Hugh Hopper, et parfois assez expérimentale (travail des parties 3 & 4 par ex). Propre et méticuleuse, il s’agit d’une assez bonne synthèse entre l’esprit jazz improvisé et la conceptualisation prog.

Globalement, je dirais que Fourth semble garder un peu moins de mystères que Third voire Fifth. Cela en fait à mon sens le moins vibrant et le moins palpitant des cinq premiers albums du groupe, sans dévaluer ses qualités et la maîtrise de son interprétation. Il n’en demeure pas moins une pièce importante dans l’évolution discographique de Soft Machine.

Note : 4/6

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