
Néo-psychédélisme / Post-rock (États-Unis)
Cul de Sac, formation post-rock du Massachusetts, façonne une forme de psychédélisme minimaliste très marqué nineties, oblique et obscur, à la manière d’un Mercury Rev des débuts (qui sort la même année son inénarrable Yerself is Steam). Le premier album du groupe, ECIM est indissociable du climat particulier qu’il distille, sombre et un peu mystérieux.
Parmi les influences, Cul de Sac semble s’inspirer de Can, au travers de ses rythmiques rigides et hermétiques, et des élans post-punk de Sonic Youth voire de Pere Ubu. L’aspect débridé de l’ensemble est aussi hérité du séminal Velvet Underground. Enfin, il garde un background folk à l’image des deux reprises du disque : ‘Portland Cement Factory at Monolith, California’ de John Fahey, dont le groupe a sans doute perçu les dynamiques, et le célébrissime ‘Song to the Siren’ du grand Tim Buckley.
Si l’ouverture instrumentale ‘Death Kit Train’, et sa rythmique taillée au rasoir, fait partie des morceaux majeurs, le groupe délivre ses meilleurs compositions grâce à des ambiances inquiétantes, un peu glauques, mais que l’on capte immédiatement : ‘Electar’, ‘Lauren’s Blues’ et surtout ‘Nico’s Dream’ (en honneur de l’égérie du Velvet…) envoûtant à souhait, grâce à des atmosphères diaphanes particulièrement saisissantes, un peu à la façon d’un Slowdive embryonnaire.
ECIM est bien étrange. Pour la diversité des chemins musicaux empruntés, et pour son aura un peu lugubre, cet album ressemble à une énigme à déchiffrer, présentant différents couloirs sonores clairs-obscurs dans lesquels on parvient à s’engouffrer. Des détours musicaux intrigants, cachés, dérobés, méritant d’être démasqués.
Note : 4,5/6
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