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vendredi 21 avril 2006

VAN DER GRAAF GENERATOR Still Life (1976)

Van der Graaf Generator - Still Life
Progressif (Angleterre)


Still Life est à nouveau un disque de lyrisme névrotique et de puissance maîtrisée, une oeuvre au son unique qui fait la marque de fabrique de Van der Graaf Generator. Ici encore l'oeuvre du groupe n'est pas épargnée par la folie théâtrale de Peter Hamill, et les paroles sont habillées d'une certaine ambiguïté existentielle, à mi-chemin entre réflexions sombres et espoir revigorant et flamboyant. Cependant, l'inspiration est parfois un peu émoussée et le disque se révèle moins percutant et absorbant que les précédents. Mais peut-être aurai-je un jour la chance d'avoir ma revanche sur ce disque... ‘Pilgrims’, titre d'ouverture au romantisme souffrant, est un des grands morceaux de VdGG : épique, accompagnée d'un clavier cérémonial, la mélodie poignante de cet hymne est un grand moment de musique, aussi bien sur disque qu'en live. J'estime en revanche que le morceau-titre lui succédant est plutôt décevant, un poil faiblard et caricatural. Ensuite, ‘La Rossa’, dans le pur style de VDGG, et l'intimiste et relaxant ‘My Room’ enfoncent le clou de Godbluff, le disque qui avait ouvert la deuxième période du groupe (75-77). Pour ma part les deux disques sont à écouter même si Still Life reste dans l'ombre du précédent sous certains aspects : on repère toujours cette osmose entre les musiciens dans leur composition et leur exécution mais le style est parfois curieusement un peu emprunté et certains passages instrumentaux ne font pas toujours mouche. Aussi, le deuxième grand moment du disque est le très typé (peut-être trop ?) ‘Childlike Faith in Childhood's End’, très bien senti, musicalement assez bien huilé, et présentant des passages plus émotifs. Ainsi, Still Life est un disque encore très personnel, réflexif, d'une qualité indéniable, mais gardant parfois malheureusement, s'il on fait la fine bouche, un petit parfum de fond de bouteille assez dérangeant.

Note : 4/6

mardi 26 juillet 2005

VAN DER GRAAF GENERATOR Pawn Hearts (1971)

Van der Graaf Generator - Pawn Hearts
Progressif (Angleterre)


Le psychédélisme et le progressif sont deux courants qui sont liés, qui se cherchent et qui finissent par se trouver dans certains disques, comme Pawn Hearts, œuvre d’une alchimie parfaite entre culture progressive et illuminations psyché. Que ce soit dans l’extravagant et schizoïde ‘Lemmings’, dans ‘Man-Erg’, morceau à la douceur trompeuse, ou encore dans cette grande pièce montée, ‘A Plague of Lighthouse-keepers’, titre épique et spatial, l’osmose est totale et la maîtrise instrumentale remarquable. Van der Graaf Generator présente ici sa marque de fabrique, son énergie brute pas toujours très lointaine d’une forme d’agressivité, et bien plus encore : ces chirurgiens de l’arrangement musical œuvrent pour troubler nos esprits. Déjà, se dresse dans Pawn Hearts un monde énigmatique et surréaliste… qui n’est rien d’autre que ce qui se passe dans la tête de Peter Hammill. Et même dans les nôtres. Il s’agit d’un monde où se côtoient visions cornues et prophétiques, démence et désarroi. Un monde d’aliénation mentale, d’aberrations psychiques dans lequel errent de façon fantomatique les âmes détraquées et lunatiques en proie aux divagations agoraphobes et paranoïaques les plus intenses. Mais comment oublier également ces mélodies pleines de mélancolie et de tristesse qui se glissent dans ces morceaux colossaux ? Elles montrent l’égarement et toute la vulnérabilité de Peter Hammill. Ici « être perdu » fait sens comme rarement cela a pu le faire. D’ailleurs on se demande bien quelle est la signification de ce disque, sa direction. On se laisse alors baigner dans ces hallucinations si angoissantes parce que si proches du réel… mais si proches de l’ivresse. Pawn Hearts est une oeuvre introspective et originale, visionnaire et riche, mais peut-être bien plus : c'est une véritable réflexion sur notre personnalité et sur les ambiguïtés de notre intériorité.

Note : 6/6

lundi 25 juillet 2005

VAN DER GRAAF GENERATOR Godbluff (1975)

Van der Graaf Generator - Godbluff
Progressif (Angleterre)


Godbluff, cette pierre noire dans la discographie des très british Van der Graaf Generator, est un disque solide et énergique. Et d’une rare puissance. Cela est difficile à croire tant le line-up pourrait sembler pauvre (pas de basse, une seule guitare… acoustique). Mais c’est sans compter sur la fougue et l’envie dans la voix de Peter Hammill, la vigueur de l’orgue de Hugh Banton, la ténacité de David Jackson, et la hardiesse de Guy Evans, batteur précis et inspiré. Dans ce disque composé de quatre titres, le jazz et le rock le plus brut se rencontrent pour nous montrer encore une fois un nouveau visage du mouvement progressif, ici complexe, perturbé, mais garant d’une certaine sobriété et d’une grande maîtrise d’exécution. L’ensemble, très équilibré, est aussi très intense au niveau des émotions, que ce soit dans la mélodie de ‘The Undercover Man’ ou dans le solo de saxophone de ‘The Sleepwalkers’ qui vous prend à la gorge. Une fois encore, VdGG va faire ressortir tout le côté noir de sa musique derrière l’aspect rigoureux du disque et donner du fil à retordre à nos âmes tourmentées. Un côté sombre, lié parfois à une forme de rage. Mais il y a finalement moins à dire qu’à vivre avec ce Godbluff. C’est peut-être le soir, dans la solitude, un verre l’alcool à la main, que l’esprit de l’auditeur, noyé dans des pensées les plus évasives, va cerner l’essence véritable de ce disque…

Note : 5/6