
Métal progressif (Suède)
Still Life était un bien grand disque… et c’est dans son terreau fertile que Blackwater Park va puiser ces racines. L’équilibre acoustique-électrique a été trouvé, il s’en trouve désormais renforcé. Et là où réside la force de ce nouveau disque, c’est dans ses ambiances. Les musiciens sont parvenus à insuffler une « âme » dans l’œuvre, un « souffle », un véritable « esprit ». On ressent toujours cette atmosphère frissonnante, un peu lugubre et magique, qui avait été créée dans Still Life et qui anime davantage Blackwater Park, avec encore plus d’intensité.
J’avoue ne pas avoir cédé tout de suite à l’appel de Blackwater Park. Je l’avais repéré en 2001, une des années propices pour renforcer ma culture métal, très à l’écoute du genre à cette époque. Mais si les premières écoutes furent satisfaisantes, voire très stimulantes, je ne pus saisir l’essence de l’album que quelques années après. Ma vision d’ensemble de l’œuvre Opeth-ienne et son approfondissement m’ont probablement permis de mieux cerner l’intérêt et le rôle de chaque pièce de ce puzzle si riche.
Les atmosphères semblent se fondre avec les instruments. Ces derniers mugissent comme le vent qui ébruite les feuilles. Nous sommes perdus dans la brume épaisse d’un parc inconnu, pas très rassurant, mais sachant nous montrer sa beauté profonde avec générosité. ‘The Drapery Falls’, un des plus grands morceaux d’Opeth, est le plus dans cet esprit, notamment grâce à ces sons de guitare qui semblent nous appeler, se plaindre au loin… Absolument saisissant, une pure merveille… Les ambiances guident l’ensemble des morceaux, notamment ‘Bleak’, et surtout le titre éponyme, nous plongeant un peu plus dans l’épaisseur d’un monde étrange, peuplé d’arbres fantomatiques.
Il y a aussi ce morceau acoustique intense, très mélancolique, assez poignant : ‘Harvest’, le successeur de ‘Benighted’ et ‘Credence’, moins intime, plus fédérateur. Il s’y mêle un sentiment universel et en même temps une grande plainte nostalgique venant de l’intérieur. Opeth semble décidément s’aguerrir à tous les niveaux, dans toutes les facettes de sa musique, entre ténèbres menaçants et lumières diaphanes. Une musique des opposés, des compromis, une musique des saisons intermédiaires, comme le printemps et surtout l’automne, particulièrement propice à son écoute.
La production, parfaitement claire, nous laisse entrevoir les différents caractères du disque, et met bien en valeur les instruments qui les expriment. Ce qui permet à ‘The Leper Affinity’ de conserver tout son côté percutant, à ‘The Funeral Portrait’ de nous montrer ses riffs à la fois terrifiants et éblouissants, et à l’excellent ‘Dirge for November’ de nous envoûter plus encore de toute sa tension dramatique.
Blackwater Park, tout en étant moderne, retient en lui un véritable héritage (nous aurons peut-être l’occasion d’en reparler plus tard), teinté de folk et de musiques progressives. Il préserve aussi d’album en album ce côté « naturaliste », originel, en exprimant également toute sa force brute. Blackwater Park est un album résolument métal, résolument romantique, apportant à l’univers des musiques extrêmes tout son arôme, tout son sens et toute sa subtilité.
Note : 6/6
J’avoue ne pas avoir cédé tout de suite à l’appel de Blackwater Park. Je l’avais repéré en 2001, une des années propices pour renforcer ma culture métal, très à l’écoute du genre à cette époque. Mais si les premières écoutes furent satisfaisantes, voire très stimulantes, je ne pus saisir l’essence de l’album que quelques années après. Ma vision d’ensemble de l’œuvre Opeth-ienne et son approfondissement m’ont probablement permis de mieux cerner l’intérêt et le rôle de chaque pièce de ce puzzle si riche.
Les atmosphères semblent se fondre avec les instruments. Ces derniers mugissent comme le vent qui ébruite les feuilles. Nous sommes perdus dans la brume épaisse d’un parc inconnu, pas très rassurant, mais sachant nous montrer sa beauté profonde avec générosité. ‘The Drapery Falls’, un des plus grands morceaux d’Opeth, est le plus dans cet esprit, notamment grâce à ces sons de guitare qui semblent nous appeler, se plaindre au loin… Absolument saisissant, une pure merveille… Les ambiances guident l’ensemble des morceaux, notamment ‘Bleak’, et surtout le titre éponyme, nous plongeant un peu plus dans l’épaisseur d’un monde étrange, peuplé d’arbres fantomatiques.
Il y a aussi ce morceau acoustique intense, très mélancolique, assez poignant : ‘Harvest’, le successeur de ‘Benighted’ et ‘Credence’, moins intime, plus fédérateur. Il s’y mêle un sentiment universel et en même temps une grande plainte nostalgique venant de l’intérieur. Opeth semble décidément s’aguerrir à tous les niveaux, dans toutes les facettes de sa musique, entre ténèbres menaçants et lumières diaphanes. Une musique des opposés, des compromis, une musique des saisons intermédiaires, comme le printemps et surtout l’automne, particulièrement propice à son écoute.
La production, parfaitement claire, nous laisse entrevoir les différents caractères du disque, et met bien en valeur les instruments qui les expriment. Ce qui permet à ‘The Leper Affinity’ de conserver tout son côté percutant, à ‘The Funeral Portrait’ de nous montrer ses riffs à la fois terrifiants et éblouissants, et à l’excellent ‘Dirge for November’ de nous envoûter plus encore de toute sa tension dramatique.
Blackwater Park, tout en étant moderne, retient en lui un véritable héritage (nous aurons peut-être l’occasion d’en reparler plus tard), teinté de folk et de musiques progressives. Il préserve aussi d’album en album ce côté « naturaliste », originel, en exprimant également toute sa force brute. Blackwater Park est un album résolument métal, résolument romantique, apportant à l’univers des musiques extrêmes tout son arôme, tout son sens et toute sa subtilité.
Note : 6/6
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