
Progressif (U.S.A)
Happy the Man est un groupe de rock progressif à tendance « symphonique » formé à l’aube des années 70. Originaire des États-Unis, cette formation ne se prive pas pour autant de puiser son inspiration chez des groupes anglais de renom ; dans ce premier album, on retrouve un progressif organique et éclectique comme chez Gentle Giant, mais surtout la mélancolie mystérieuse et les dynamiques d’un Wind and Wuthering de Genesis sorti… l’année d’avant. Ceci dit, et pour regarder aussi outre-Atlantique, on ressent parfois la chaleur du jazz cosmique de Steely Dan…
Dans ce disque, presque intégralement instrumental, Happy the Man donne la priorité aux ambiances, appuyées par des couleurs sonores chaudes et lisses, minérales et aériennes, assez agréables, charmant immédiatement l’oreille, avertie ou non. Il en ressort presque une forme d’exotisme cotonneux et énigmatique, pas si loin de l’univers de Camel (voire de Saga). C’est probablement cet aspect qui rend l’album si engageant, même s’il délaisse quelque peu l’efficacité pure. Par contraste, les instruments se lancent parfois dans des tourbillons animés, offrant au disque tout son caractère progressif.
À l’image du groupe qui en est l’origine, l’ensemble de l’œuvre est parfaitement cohérent. Sans rompre son équilibre, le petit orchestre donne une bonne part aux multiples claviers et aux vents, laissant une place aux vocaux sur uniquement deux morceaux (‘Upon the Rainbow (Befrost)’ & ‘On Time As a Helix of Precious Laughs’). Oui d’ailleurs, il y a de sacrés noms de morceaux dans cet album…
Parmi les meilleurs moments de l’opus je note déjà ‘Starborne’ qui plante bien son décor astral. J’aime bien aussi le début de ‘Stumpy Meets the Firecracker in Stencil Forest’. Mais la mélancolie nocturne et poétique de ‘Upon the Rainbow (Befrost)’ reste mon highlight, tout comme l’imposant et dramatique ‘Carousel’. Une petite pensée aussi pour l’évocateur et onirique ‘New York Dream's Suite’ qui termine le disque de belle manière, avec une dernière contemplation nocturne. En revanche je serais davantage circonspect sur ‘Knee Bitten Nymphs in Limbo’ qui pourra sembler un peu artificiel par moment.
Le premier album d’Happy the Man est un moment de rêverie avec une identité progressive très marquée, se gardant de faire fuir le premier auditeur venu. Je garde d’ailleurs un peu une image de « ciel étoilé » quand j’écoute ce disque. Et s’il ne semble pas toujours suffisant pour « élever » très haut l’auditeur, il ne manquera pas de le faire voyager, le temps de beaux songes féeriques.
Note : 4,5/6
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